Même les enfants ont leur "clinique du poids"

Depuis qu'il fréquente la clinique du poids, Houssam commence à apprécier les légumes
Depuis qu'il fréquente la clinique du poids, Houssam commence à apprécier les légumes - © credit : clinique du poids Junior

L'obésité des enfants est une maladie que l'on prend en charge de plus en plus tôt. L'Huderf (Hopital Universitaire Des Enfants Reine Fabiola) a d'ailleurs ouvert, il y a quelques mois, une clinique du poids "junior". Elle propose une prise en charge d'enfants en surpoids majeur, parfois dès l'âge de deux ans! Un accompagnement pluridisciplinaire qui associe également toute la famille.

Dans les couloirs de l'Huderf, nous croisons Houssam. A sept ans, ce petit garçon fait preuve d'une étonnante lucidité sur son parcours. Ce qu'il aime manger, ce sont les pizzas, les pitas et les frites. Pas facile, nous confirme sa maman de lui faire avaler des légumes. "Sauf les champignons, mais seulement ceux de la pizzas", précise le petit bonhomme. Houssam fait l'objet d'un suivi hospitalier depuis plusieurs mois et son poids est aujourd'hui stabilisé. Mais sa maman se souvient : "c'est en achetant une balance neuve que je me suis rendue compte qu'Houssam avait pris neuf kilos en onze mois. Jusque là, en le côtoyant tous les jours, je n'avais rien remarqué". 

Psychologue, pédiatre, diététicienne, c'est toute une équipe qui est mobilisée autour d'Houssam et de sa famille. Et c'est ainsi pour tous les enfants qui fréquentent la clinique du poids Junior. "Nous faisons des bilans avec chaque enfant et chaque famille, pour mieux comprendre les causes de la prise de poids et faire le point sur leurs motivations et ce qu'ils sont prêts à mettre en place pour maîtriser cette prise de poids" précise Mélissa Moretti, nutritionniste et coordinatrice du projet.

Ne pas manger devant un écran

Ici, on ne parle pas de régime mais de maîtrise du poids. Les jeunes enfants vont grandir et donc tout naturellement, leur surpoids va se résorber à condition d'adopter de meilleures habitudes alimentaires. L'une d'entre elles consiste par exemple à manger à table, si possible en famille. Et pas devant la TV, car l'écran captive l'attention et empêche de ressentir la sensation de satiété.

Le docteur Steyaert, pédiatre et chirurgien à l'Huderf, confirme le lien entre mauvaise hygiène alimentaire et risque d'obésité. Et cela commence de plus en plus tôt. Depuis plusieurs années, dans tous les pays occidentaux et donc notamment en Belgique, l'obésité maladive est devenue une épidémie et elle apparait de plus en plus tôt. "Nous recevons parfois des enfants de deux ans en obésité morbide, c'est à dire que si on ne fait rien, ils vont développer des maladies comme le diabète ou l'hypertension artérielle et cela c'est vraiment grave". Parmi les causes de cette obésité infantile, le médecin pointe l'alimentation industrielle qui s'ajoute parfois à une prédestination génétique et à la vie sédentaire de trop nombreux enfants sans oublier les problèmes sociaux. Et si la clinique du poids Junior a vu le jour, c'est précisément pour éviter d'avoir recours plus tard à des techniques plus lourdes, comme la chirurgie, même si ce médecin la juge parfois indispensable en dernier recours.

Houssam, lui voit déjà les premiers résultats de sa prise en charge. Depuis qu'il fréquente la clinique du poids, il n'a plus pris un gramme, et comme il a grandi, sa silhouette s'est affinée. Il sait aussi qu'à sept ans, il ne doit pas manger une pizza entière et réclamer ensuite une mousse au chocolat. "C'est trop et ce n'est pas bon pour ma santé".

La plupart des petits patients sont envoyés à la clinique du poids par la médecine scolaire, ou le médecin de famille. Les parents, eux, sont rarement conscients des problème de poids rencontrés par l'enfant.

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