Même en travaillant, on peut être pauvre: témoignage en région liégeoise

Cédric est ouvrier manutentionnaire. Il travaille à l'emballage (photo d'illustration).
Cédric est ouvrier manutentionnaire. Il travaille à l'emballage (photo d'illustration). - © flickr - knowtex

En Belgique, 15% de la population vit sous le seuil de pauvreté européen. Un seuil qui, en 2011, correspond à 1000 euros par mois pour un isolé et 2101 euros pour un couple avec deux enfants. Une personne sur cinq qui vit dans la pauvreté, travaille. C'est le cas de Cédric Roufosse, un habitant de la région de Liège.

Cédric Roufosse a 28 ans. Il est ouvrier manutentionnaire. Il travaille à l'emballage chez un sous-traitant du sidérurgiste ArcelorMittal. Il vit à Seraing avec sa compagne, Stéphanie Tonka, et leurs deux enfants d'un et six ans.

Pour cette famille, la situation financière est difficile, malgré le travail de Cédric. Le couple fait des économies sur tout ce qu'il peut, comme le confie Stéphanie: "Dans le frigo, il n'y a pas grand chose parce qu'on n'a pas eu tout le salaire. On prend des grands paquets de fromage pour les pâtes parce que quand on arrive fin de mois, c'est souvent des pâtes. On prend du lait par douze litres, du lait entier que je coupe à l'eau pour donner au bébé, on économise là-dessus. C'est fatigant".

Cédric a pourtant toujours travaillé: "J'ai commencé comme coiffeur. Je travaillais pendant dix heures et je gagnais 900 euros par mois. Après, j'ai travaillé chez Arcelor. Puis il y a eu la restructuration, et on m'a rappelé comme sous-traitant pour ArcelorMittal".

Aujourd'hui, Cédric gagne 1800 euros par mois: "Je suis payé 13 euros de l'heure, c'est beaucoup moins qu'avant. Pour ArcelorMittal, j'étais à 15 euros de l'heure".

Et à quelques semaines des fêtes de fin d'année, Stéphanie se demande comment elle va faire: "Ici, ça va être Saint-Nicolas, et on ne sait pas comment on va faire. On va essayer de faire, mais on ne sait pas comment". "Quand je vois la situation en fin de mois, oui, je me qualifie comme un travailleur pauvre" poursuit ce père de famille.

Le chômage économique, le prêt de la voiture, lentement, la famille s'est endettée: "Quand on touche, je paie tout ce qu'il faut payer, le loyer, le gaz, l'électricité, les eaux". Stéphanie rembourse aussi en médiation de dettes 350 euros par mois. "Quand j'ai tout payé, il nous reste 400 euros. Ce n'est pas normal de travailler et de ne pas savoir finir son mois. La vie augmente, la vie est chère. Ici, on a un salaire. Je me demande comment les chômeurs font".

Des fins de mois difficiles pour cette famille, des fins de mois où le couple avoue ne pas toujours pouvoir manger à sa faim.

E. Dagonnier

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