Mega-prison de Haren : le Conseil d'Etat relève un problème technique dans une demande des promoteurs

Le terrain sur lequel devrait être construit la méga-prison
Le terrain sur lequel devrait être construit la méga-prison - © THIERRY ROGE - BELGA

La présidente de la 15e chambre du Conseil d'Etat a soulevé, mardi, un problème technique dans la demande des détenteurs du projet de construction d'une très grande prison à Haren. Une audience complémentaire sera donc fixée dans les mois à venir, afin que ce problème soit débattu entre les parties. Egalement, la présidente attend un rapport complémentaire de l'Auditorat du Conseil d'Etat. Des riverains de Haren et diverses associations ont introduit devant le Conseil d'Etat un recours en annulation du projet de construction d'une "méga-prison" (1.190 places) sur le site du Keelbeek à Haren.

Un problème technique a été soulevé à l'audience mardi concernant une des demandes des promoteurs: la Régie des bâtiments et Cafasso (le consortium international retenu pour le financement, la construction et la gestion d'une prison à Haren).

Ceux-ci souhaitent qu'en cas d'annulation du permis d'urbanisme les effets du contrat soient maintenus et que les travaux puissent donc se poursuivre.

Les avocats du Comité de Haren, qui rassemble riverains et associations de protection de l'environnement entre autres, ont, eux, estimé que les travaux (qui ont déjà été entamés) doivent cesser dans l'attente de la décision finale du Conseil d'Etat sur la validité du permis d'urbanisme.

Audience supplémentaire

La présidente fixera une audience supplémentaire afin que ce problème technique soit débattu entre les parties et afin également que l'Auditorat dépose un rapport complémentaire au premier avis qu'il a rendu en octobre dernier.

Compte tenu du fait que les débats devant le Conseil d'Etat sont ainsi prolongés, le Comité de Haren a annoncé qu'il introduirait rapidement un autre recours en urgence pour que les travaux soient suspendus jusqu'à la décision finale du Conseil d'Etat.

Pour rappel, en octobre dernier, la première auditrice du Conseil d'Etat (magistrate chargée d'instruire les dossiers qui sont soumis au Conseil d'Etat), avait rendu un avis défavorable au projet de construction de la prison à Haren. Pour celle-ci, les permis d'urbanisme qui ont été délivrés doivent être annulés, comme le réclame le Comité de Haren.

Lors des recours précédents introduits par ce comité, qui concernaient alors la suspension et non l'annulation du permis d'urbanisme, le Conseil d'Etat l'avait débouté.

Préparation du terrain

Fin janvier dernier, le consortium a donc entamé ses travaux de préparation du terrain de construction (terrassement, dépollution, etc.), détruisant une partie du terrain du Keelbeek, un des espaces verts de la capitale qui préserve une certaine biodiversité.

Outre le problème écologique que le projet engendre selon le Comité de Haren, il est aussi une mauvaise réponse à la surpopulation carcérale. "Plus on construit de prisons, plus on les remplit", estiment les opposants.

Ceux-ci considèrent également qu'une décentralisation des prisons, hors zone urbaine, accroîtrait l'isolement des détenus de leurs familles et de leurs proches.

Enfin, ils fustigent l'opacité dans laquelle le projet a été mené, sans réelle concertation avec les riverains, les acteurs de la justice et les défenseurs de l'environnement.

Archives: Journal télévisé 21/02/2014

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