Mauvaise année, encore, pour les betteraves

Les premiers arrachages de betteraves ont lieu depuis une quinzaine de jours
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Les premiers arrachages de betteraves ont lieu depuis une quinzaine de jours - © Nicolas Rondelez

C’est le manque d’eau qui en est évidemment la cause. Les betteraves ont subi les affres d’un été trop chaud et sec. Les tubercules ne se sont pas développés normalement. Leur calibre est plus petit que d’habitude, comme l’a constaté Christophe Losseau, agriculteur à Donstiennes, dès les premiers arrachages. "Au niveau du calibre, on est entre 25 et 30% de pertes. Une année normale, on récolte environ 85 tonnes de betteraves par hectare. Cette année, je ne récolterai pas plus de 60 ou 65 tonnes par hectares". Les raffineries payent aux agriculteurs un tarif qui tient compte du poids, mais également de la richesse des tubercules en sucre. Et si les betteraves sont plus petites, elles ont également une haute teneur en sucre. "Mais la richesse ne compensera malheureusement pas la perte liée au calibre. Cette année, la production de betteraves va me coûter de l’argent plutôt que m’en rapporter", déplore Christophe Losseau.

Une terre trop sèche accentue les pertes

A la petite dimension des betteraves s’ajoutent un autre souci, mécanique celui-là, au moment de l’arrachage. "Pour tenter de trouver de l’eau, la racine s’est enfoncée très profondément. Et lorsqu’on arrache, elle se casse et on laisse une partie dans le sol, parce que la terre est vraiment trop dure. Cela ajoute évidemment à la perte. Il y a des machines plus modernes que les nôtres qui permettent d’éviter cet écueil, mais c’est un investissement que nous ne pouvons pas nous permettre puisque nous sommes déjà équipés". C’est la troisième année consécutive que les récoltes ne sont pas bonnes. La question se pose, alors, de la pérennité de l’activité. La betterave en vaut-elle encore la peine ? "On ne peut pas décider comme ça d’arrêter. Quand on se lance dans les betteraves, il faut acheter dans des machines. Ce sont des investissements qu’il faut rentabiliser".

Diversifier les cultures

Si Christophe Losseau n’en est pas à envisager de cesser la culture de la betterave, c’est également parce qu’il ne voit pas, actuellement, quelle alternative il aurait. Evidemment il ne cultive pas exclusivement de la betterave. Mais les pommes de terre, par exemple, on subit cette année le même sort que la betterave. Leur calibre est moindre que lors d’une année "normale". La partie betteraves représente entre un cinquième et un sixième des terres agricoles de Christophe Losseau. Le reste de son exploitation est consacré aux céréales. Et cette année a été particulièrement bonne, avec d’excellents rendements. "Malheureusement cela a été le cas partout dans le monde. Et donc les prix mondiaux sur le marché céréalier ont fortement baissé". Et il conclut : "on ne gagnera pas beaucoup sa vie en tant que fermier, cette année".

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