Matonge: pas de laxisme selon Joelle Milquet.

Dans un entretien accordé au journal Le Soir, Joelle Milquet est revenue sur les incidents survenus à Matonge. Elle a affirmé qu'il n'y a eu aucun laxisme dans le chef des forces de l'ordre. "Nous avons eu une réaction proportionnée. On ne saurait parler de laxisme. Nous avons mobilisé les forces de police en concertation: hommes, hélicoptère, autopompes", explique-t-elle, précisant que les manifestations sont le fait de personnes généralement pacifiques mais qu'elles sont malheureusement infiltrées par des casseurs. Et d'ajouter: "il y a des stratégies policières qui peuvent sembler heurter le bon sens, mais on sait aussi qu'empêcher les gens de manifester n'est, dans un premier temps, certainement pas la solution pour calmer les esprits".

Rassemblements interdits

Au micro de la RTBF, le bourgmestre socialiste d'Ixelles a adopté un ton ferme. Suite aux graves incidents qui ont émaillé les manifestations contre la réélection de Joseph Kabila ce samedi dans le quartier de Matonge, Willy Decourty a décidé d'interdire toute manifestation. 

"A partir d'aujourd'hui et jusqu'à nouvel ordre, je ne tolèrerai plus aucune manifestation" dans ce secteur, a-t-il déclaré. 

Tout rassemblement de plus de dix personnes sera donc interdit. "Chaque carrefour sera vraiment surveillé, contrôle par la police", a averti le bourgmestre. 
"Nous aurons en plus des policiers traditionnels, quatre pelotons le jour et deux pelotons la nuit", a en effet précisé Willy Decourty. Un peloton représente environ 40 agents.

Le maïeur tient toutefois à éviter les amalgames, précisant que "la plupart des manifestants veulent manifester de manière pacifique".
Willy Decourty décrit les débordements comme étant le fait de "jeunes issus de bandes urbaines" qui infiltrent les manifestations, "provoquent la police" et "occasionnent des heurts". Ensuite, "pendant que les policiers sont occupés à essayer de contenir les manifestations, d'autres vont casser dans le quartier".
 
Mandat d'arrêt demandé à l'encontre de cinq fauteurs de troubles

Le parquet de Bruxelles a déjà traité dimanche après-midi dix dossiers d'émeutiers présumés qui avaient été interpellés samedi à la suite de la manifestation. Pour cinq de ces personnes, le parquet a demandé un mandat d'arrêt. Celles-ci doivent encore comparaître devant le juge d'instruction, a indiqué le parquet bruxellois.

Trois autres suspects ont été libérés après audition par le substitut du parquet et feront l'objet d'une comparution immédiate. Deux mineurs d'âge ont été mis à la disposition du juge de la jeunesse. La police de Bruxelles a appréhendé samedi 144 personnes. Dans 123 cas, il s'agissait d'une arrestation administrative pour trouble de l'ordre public. Ces personnes ont été libérées dans le courant de la nuit et durant la matinée. Les 21 autres ont été appréhendées car soupçonnées de différents délits. Dix dossiers ont donc déjà été traités par le parquet; les 11 autres sont toujours pendants.

Julien Vlassenbroek avec Belga



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