MARS… et le Manège de Mons repart avec un nouveau nom

"Il y a de la vie sur MARS.Explorez-la", est le nouveau slogan du centre culturel
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"Il y a de la vie sur MARS.Explorez-la", est le nouveau slogan du centre culturel - © Aaron Sheldon

C’est un changement important pour le monde culturel montois. Le Manège vient de changer de nom: il s’appelle désormais MARS. MARS pour "Mons Arts de la Scène". C'est le public qui s'est prononcé à une large majorité en faveur de ce nouveau patronyme, parmi trois propositions.

Ce changement de nom n’est pas que cosmétique : c’est tout une nouvelle manière de fonctionner qu’a adoptée l’institution culturelle montoise. Mais pas question pour autant de faire table rase du passé, pour son nouveau directeur, Philippe Degeneffe: "J’ai beaucoup de respect pour ce qui a été effectué avant. Mais je pense qu’après Mons 2015, qui a marqué tous les esprits ici, il fallait que le projet de l’institution évolue et, pour symboliser ce changement, quoi de mieux qu’un nouveau nom?", répond-t-il.

On confondait aussi trop souvent l'institution avec le théâtre du Manège, alors qu'elle gère en tout dix salles, dix lieux culturels, qui ne font pas que du théâtre. Le centre culturel montois voulait aussi se détacher de son homologue de Maubeuge, avec lequel il mettait sa programmation en commun: "Nous avions une brochure commune depuis 2002. Nous allons continuer la collaboration avec eux, mais sous forme de projets et non plus de manière structurelle. Il était important que Mons s’ouvre davantage sur la diffusion, l’accueil de spectacle, et ne se concentre plus uniquement sur la création, même si nous continuons ces créations théâtrales et musicales, qui sont fort importantes pour nous".

"Quitter l'image de citadelle du Manège"

Autre changement: le programme ne s’étend plus sur une année académique, comme c’est le cas pour beaucoup de centres culturels, mais sur une année civile. Raison pour laquelle la présentation du nouveau nom, s’accompagne d’une présentation du nouveau programme. Le public d’habitués ne perdra pas ses repères pour autant. Les lieux de spectacle (le théâtre du Manège, mais aussi le Théâtre royal, la Maison Folie, Arsonic…) restent les mêmes. La programmation se veut moins élitiste, plus abordable. "Il y a vraiment un esprit d’ouverture, une volonté de tout dépoussiérer et de quitter un peu l’image de citadelle qu’avait auparavant, à tort ou à raison, le Manège. Ici, ça devient la maison de tout le monde et de chacun", commente Philippe Degeneffe. Plus besoin par exemple de se déplacer à Maubeuge pour applaudir les grands noms, qui en général remplissent les salles : cette année se produiront à Mons Vanessa Paradis et Thomas Fersen, acteur dans l’adaptation théâtrale du roman de James Joyce "Ulysse", les Chanteurs Cali, Christophe ou Vincent Delerm… "C’est clair que la création reste importante, ça fait partie de nos missions. Mais qui dit création dit aussi prise de risques : on ne sait jamais très bien quel sera le résultat final. Nous continuons cette mission-là, mais quand nous faisons ce qu’on appelle dans notre jargon de la diffusion de spectacles, nous programmons en connaissance de cause des choses que nous avons vues ailleurs et dont nous sommes convaincus de la qualité", poursuit-il.

57% du budget consacré à l'artistique

L’influence de Mons 2015 se ressent également dans la manière de proposer ces spectacles, et cela afin de toucher un public plus large: "La plupart des spectacles sont en lien avec des activités, soit avant, soit après, que l’on propose en collaboration avec des artistes, des associations de Mons. Il y a des choses pour les enfants, les familles". Ainsi après le spectacle d’ouverture, "Limbes", un spectacle de théâtre d’illusion très poétique, le 12 janvier, le public pourra assister à une soirée-pyjama et même dormir sur place. Autre exemple: lors de la représentation d’"Hansel et Gretel", un atelier cuisine sera proposé aux familles. Le programme du MARS propose en tout une centaine de rendez-vous: du théâtre, de la danse, du cirque, du street art, de la chanson, de la musique classique… Et cela malgré les difficultés financières rencontrées au début de l’année 2016 par l’institution culturelle. "La recette est simple: je ne vais pas revenir sur les licenciements, mais nous avons réalisé beaucoup d’économie et celle-là est la plus importante. J’avais toujours dit qu’en 2016, il fallait nous laisser le temps de clôturer 2015: les équipes étaient sur les genoux. Et nous avions besoin de quelques mois pour repenser le projet. Je suis très heureux aujourd’hui: quand je regarde le budget, c’est 57% qui est consacré directement à l’artistique, contre 43 aux frais de fonctionnement. Cela reste à améliorer, mais je pense que nous sommes sur la bonne voie", conclut le patron de la nouvelle "planète" MARS.

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