Marchienne-au-Pont: une bouchère en situation illégale perd sa main

Marchienne-au-Pont: une bouchère en situation illégale perd sa main
Marchienne-au-Pont: une bouchère en situation illégale perd sa main - © Tous droits réservés

Un accident du travail qui fait froid dans le dos: une jeune femme, employée dans une boucherie de Marchienne-au-Pont, a perdu une partie de sa main dans une trancheuse à viande. Des faits d'autant plus dramatiques que cette victime était en séjour illégal. Elle travaillait au noir, ce qui complique sérieusement sa prise en charge.

Une boucherie de Marchienne-au-Pont a été mise sous scellés. Vendredi soir, une jeune femme a eu la main happée par une trancheuse à viande. Les pompiers ont du intervenir pour la dégager. Cet accident a permis de mettre la situation de cette femme à jour: "Elle est en séjour illégal, n'est pas déclarée par la boucherie. On enquête pour savoir s'il y a ou non de la traite d'être humains, si c'est un membre de la famille comme le patron semble nous le dire. Mais l'enquête doit suivre son cours. Vu l'état de choc de la dame, nous n'avons toujours pas pu l'entendre", nous explique Charles-Eric Clesse, Auditeur du travail du Hainaut. 

Le travail au noir par des personnes étrangères en situation illégale est de plus en plus fréquent. Principalement dans l'Horeca, la construction mais aussi dans le nettoyage qui est devenu un secteur phare. Ces travailleurs illégaux n'ont aucune couverture sociale ou médicale et se retrouvent à travailler dans des conditions parfois dangereuses. 

Jan Knockaert, coordinateur pour l'OR.CA, l'Organisation pour les travailleurs immigrés nous donne l'exemple d'un homme qui devait travailler sur les toits, se plaint de la stabilité et sécurité des installations. "La personne en question est tombée du toit, il est maintenant très handicapé". "Ils n'ont pas le choix: travailler, c'est gagner de l'argent. Ne pas gagner de l'argent, c'est ne pas manger". 

Les descentes de l'inspection du travail sont fréquentes et les employeurs s'exposent à des amendes conséquentes: de 3600 à 36 000 euros par travailleur en situation illégale. Mais visiblement, ce n'est pas suffisant pour décourager les contrevenants. Cela revient parfois moins cher de payer l'amende que de payer les lois sociales, le fisc et le salaire au juste prix, affirme Charles-Eric Clesse.

Quant aux travailleurs en situation irrégulière, ils sont soit expulsés soit confrontés à des procédures souvent très longues et complexes. Ils sont en général victimes d'une situation qui les dépasse.

RTBF

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