Marches de l'Entre-Sambre et Meuse : Déposeeeez armes… En place, repos !

Marches de l’Entre-Sambre et Meuse : Déposeeeez armes… En place, repos !
Marches de l’Entre-Sambre et Meuse : Déposeeeez armes… En place, repos ! - © Tous droits réservés

Les Marches de l’Entre-Sambre et Meuse n’auront pas lieu. C’est exceptionnel. Ce n’est plus arrivé depuis la deuxième guerre mondiale. Mais l’allocution de la Première Ministre Sophie Wilmes a été claire. Les rassemblements collectifs, les événements rassemblant un grand nombre de personnes sont interdits jusqu’au 31 août. La plupart des Marches de l’Entre-Sambre et Meuse se déroulent avant cette date. Elles sont de facto annulées. En théorie. Car revient la notion de rassemblements collectifs. A combien sont-ils limités ?

Ce sont les bourgmestres qui devront prendre la décision. Philippe Busine, Bourgmestre de Gerpinnes a déjà été contraint d’annuler la Sainte-Rolende, qui devait avoir lieu sur le territoire de l’entité le premier juin. "J’ai entendu l’allocution de la Première Ministrre. D’après ce qu’elle nous a dit, j’imagine mal autoriser des marches sur la commune avant le 31 août. Il est difficilement envisageable de limiter les participants. Des gens voudraient prendre leur voiture, aller boire un verre avec les copains…". L’avis de Christine Poulin, la Bourgmestre de Walcourt, n’est pas différent : "C’est une question de santé publique. Certaines marches ne rassemblent peut-être que quelques centaines de participants, mais c’est la précaution qui doit prévaloir. Tout le monde n’est pas d’accord et certains disent qu’une petite marche de village, ce n’est pas un gros festival de musique avec des milliers de personnes. Mon avis, c’est qu’il faut respecter les mesures et éviter les rassemblements". Ce sont là les avis de deux bourgmestres qui aborderont le sujet au cours d’un collège virtuel demain. Aucune décision ferme n’est prise mais l’on sent une tendance.

Du côté de l’association

Gérard Adam est Adjudant de la Marche Saint-Pierre de Florennes. Il est également le Président de l'Association des Marches Folkloriques de l'Entre-Sambre et Meuse dont 15 sont inscrites au patrimoine oral et immatériel de l'UNESCO. La position de l'Association est ambigüe : "Nous n'avons pas l'autorité pour imposer un report général des Marches. Chaque comité est libre de prendre sa décision. L'association compte 101 marches. Mais il y en aussi d'autres." A titre personnel, le président de l'Association est extrêmement sollicité : "Mon téléphone n'arrête pas de sonner. Des gens pleurent, c'est vous dire... Je ressens énormément de tristesse et de l'impuissance. Nous n'avons aucune expérience. La petite marche de Gerpinnes et la marche de Morialmez sont des Marches qui sont nées en temps de guerre, pour que l'événement ait lieu, malgré l'occupation. Mais notre ennemi, aujourd'hui, est invisible et sournoi".

Une année totalement blanche?

Après le 31 août, il ne restera que 10 marches au calendrier. Beaucoup imaginent faire de ces rendez-vous des symboles. Particulièrement du Tour Sainte-Rolende des Marcheurs, programmé le 18 octobre. Le rendez-vous qui clôture la saison. La question est sur la table. Elle sera évoquée demain, lors du collège communal à distance à Gerpinnes. Le Bourgmestre, Philippe Busine ne se prononce pas : "je ne sais pas... je comprends l'envie et l'attente de tous les marcheurs. Mais en même temps, serait-il raisonnable d'organiser un tel rassemblement quelques semaines seulement après la fin des mesures. Nous en discuterons demain. Mais les choses changeront peut-être encore d'ici là."

Ce n'est pas seulement une question de folklore

Il faut noter, et c’est important, que les trois interlocuteurs joints par rapport à la question de la tenue des marches se sont inquiétés des indépendants qui vivent en tout ou en partie de ces événements folkloriques. Les louageurs de costumes, évidemment, dont la saison complète est mise en question. Mais aussi les restaurateurs et les cabaretiers qui font une part importante de leur chiffre d’affaires autour de ces événements. Les forains, enfin, qui vivent de ces événements festifs.

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