Marathon contre la vitesse: les contrôles se poursuivront toute la nuit

Des contrôles intensifs pendant 24h
Des contrôles intensifs pendant 24h - © S. Vandreck

10h45 du matin, une moto de police démarre de l’aire de Maisières, sur l’autoroute E19 en direction de Bruxelles. Elle enjoint un véhicule de la suivre jusqu’à la sortie suivante. Là, l’automobiliste est contrôlé et surtout verbalisé pour excès de vitesse. Elle a été flashée par un radar mobile à près de 140 km/heure. La scène se reproduira tout au long de la journée, en divers endroits de la province et du pays. Un conducteur français, contrôlé à 138km/h, explique qu’il "a suivi le flot de véhicules" et ne s’est pas rendu compte qu’il était en infraction. "On a différents types de contrevenants, précise Michaël Jonniaux, le directeur de la Police fédérale de la route. On a le contrevenant distrait, celui qui est pressé et celui qui ne prend pas conscience des dangers de la vitesse et continue à penser que rouler à 140-150 km/h sur autoroute, ce n’est pas dangereux. Or de nombreuses études belges et européennes prouvent le danger de la vitesse excessive".

Cent excès de vitesse en deux heures

Comme à chaque édition, l’opération a été annoncée et largement médiatisée, histoire d’inciter les automobilistes à lever le pied, en agitant la menace d’une amende, voire d’un retrait de permis. "Mais l’opération ne se limite pas à cette seule journée: on veut vraiment travailler sur le long terme et d’adapter le comportement des usagers de la route. Nous sommes d’ailleurs présents 365 jours sur le terrain". En témoigne ce contrôle effectué ce samedi après-midi, au même endroit, par les équipes de la Police de la route du Hainaut. En deux heures, pas moins d’une centaine de véhicules ont été interceptés en infraction: "Trois d’entre eux roulaient à plus de 180km/h, raconte Jean-Christophe Brihaye, chef de service. On voit bien qu’aujourd’hui, comme c’est annoncé, les gens se méfient un peu plus".

Un effet dissuasif

L’Agence wallonne pour la Sécurité routière (AWSR) s’est penchée sur la perception que les automobilistes wallons ont des radars et des contrôles de vitesse. "34% d’entre eux adaptent d’ailleurs leur comportement après avoir été verbalisés pour excès de vitesse", indique la porte-parole de l’Agence, Belinda Demattia. Et le fait de sortir de l’autoroute escorté par un motard de la police aurait un effet encore plus dissuasif! "Ça leur rappelle qu’il existe aussi ce risque, à côté du risque pour leur vie", insiste Michaël Jonniaux. Les Wallons auraient d’ailleurs une image plutôt positive de ces contrôles: "7 sur 10 indiquent même que ceux qui se plaignent des radars, n’ont qu’à rouler moins vite, poursuit Belinda Demattia. On voit qu’ils ont intégré le fait que les radars sont là pour les faire ralentir".

Les Wallons ont le pied plus lourd

Cela dit, les automobilistes Wallons restent de moins bons élèves que ceux du nord du pays. L’IBSR, l’Institut belge pour la Sécurité routière, l’a constaté mesurant la vitesse dans tout le pays l'an dernier. "C’est surtout sur les autoroutes à trois bandes, explique son porte-parole, Benoit Godart. La vitesse moyenne en Belgique est de 123 km/h. Mais elle est de 126 en Wallonie, et même de 130 le dimanche. C’est beaucoup trop. Autre exemple: un conducteur sur sept roule au-dessus de 140 en Flandre, mais en Wallonie, c’est un sur cinq". Cette différence s’explique par des contrôle de vitesse plus nombreux côté flamand. "Mais la Wallonie rattrape son retard". Cette opération marathon en est à sa cinquième édition. Les policiers seront à pied d’œuvre jusqu’à 6h ce jeudi matin. Lors de la précédente, en novembre, 19 000 véhicules ont été contrôlés en infraction par les radars mobiles, et 3400 par les radars fixes. "L’idéal serait évidemment de ne pas en avoir, ou du moins le moins possible", conclut un policier.

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