Manque d'informations, rejet de la société... peu de détenus font les démarches pour voter

A la prison d'Andenne, sur les 425 détenus, seule une petite dizaine votera...
A la prison d'Andenne, sur les 425 détenus, seule une petite dizaine votera... - © Belga

Dimanche matin, nous irons donc voter. C'est un droit constitutionnel mais c'est aussi une obligation chez nous. Une obligation qui concerna aussi les détenus.

Les prisonniers reçoivent en effet une convocation. Du moins ceux qui ne sont pas expressément déchus par un jugement de leurs droits politiques. Mais en prison, le vote se fait uniquement par procuration. Et c'est au détenu d'entreprendre toutes les démarches pour trouver quelqu'un pour aller voter en son nom. Pas simple quand on est loin de tout…

A la prison d'Andenne par exemple, sur les 425 détenus, seule une petite dizaine votera. Une situation que regrette le directeur de la prison d'Andenne, Marc Dizier.

"Globalement, je pense que dans les prisons, on n'en fait pas assez pour informer les détenus sur l'ensemble de leurs droits. On parle bien des élections, mais de manière ponctuelle. Or, ils manquent d'informations de manière générale, parfois même sur l'évolution de leur propre dossier… Notre priorité, comme la leur, est plutôt d'aller à l'essentiel. Cela ne veut pas dire que le vote n'est pas essentiel mais il y a beaucoup d'autres préoccupations qui viennent avant celle-là."

Parmi les détenus qui ont reçu leur convocation la semaine passée, il y a Joan. Mais c'est un peu une exception à Andenne.

"Vous signez, vous mettez un timbre et envoyez votre enveloppe. Il n'y a rien de compliqué à cela ! Après, beaucoup de détenus ne font rien de leurs journées… Ils se lèvent vers 15h00, sont dans un rejet de la société. Pour eux, les élections… ils s'en foutent ! Moi pas ! J'aimerais bien sortir d'ici, avoir une bonne situation… Comme tout le monde, on a des droits. Et en Belgique, le vote est obligatoire. Malheureusement, nous ne pouvons nous rendre aux urnes. Il n'empêche qu'il faut défendre son point de vue. Et ici, c'est l'opportunité de le faire…"

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