Bruxelles: 4000 policiers manifestent pour dénoncer les violences subies

Bruxelles: 4000 policiers manifestent pour dénoncer les violences subies
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Bruxelles: 4000 policiers manifestent pour dénoncer les violences subies - © Tous droits réservés

Quatre mille policiers dans les rues de Bruxelles ce mercredi après-midi. Aucun incident n'a été a déploré et les barrages ont été levés en fin d'après-midi. Les manifestants demandaient plus de respect et dénonçaient les violences subies par les agents. Partis de la Colonne du Congrès à Bruxelles, les manifestants se sont déplacés vers le carrefour Loi-Régent. Quatre syndicats de police - SLFP-Police, CGSP, SNPS et CSC-SP - ont ensuite adressé aux ministres de l'Intérieur Joëlle Milquet et de la Justice Annemie Turtelboom de mener à son terme le dossier sur la violence contre les agents de police.

Joëlle Milquet et Annemie Turtelboom ont répondu à leurs doléances en dressant la liste des mesures qu'elles ont déjà prises. Les syndicats se sont dits satisfaits mais restent vigilants.

"Le dossier des violences subies par les policiers, qui augmentent tant en nombre qu'en gravité des faits, est malheureusement récurrent. Tous les milieux sociaux sont concernés. Du braqueur chevronné au kinésithérapeute, les gens n'hésitent pas à faire preuve de violence physique envers les policiers", a indiqué Vincent Gilles, président National du SLFP-Police.

"Il ne s’agit pas ici d’une demande pour avoir plus d’argent, explique Vincent Gilles le président de SLFP au nom du front commun des quatre organisations syndicales, mais d’une demande pour que les policiers soient plus respectés par les citoyens, par la société d’une manière générale."

Des mesures à venir

Les ministres de la Justice et de l'Intérieur ont convenu avec les syndicats de police d'un nouveau rendez-vous le 27 novembre pour évaluer la mise en place de mesures visant à lutter contre la violence faite aux policiers.

Annoncées l'année dernière, une dizaine de mesures ont commencé à être concrétisées et d'autres sont en voie de finalisation, ont assuré les deux ministres lors d'une rencontre en marge de la manifestation des policiers.

Les représentants syndicaux ont réagi positivement aux annonces faites (enregistrement affiné des faits, campagne, meilleure protection, amélioration des ressources humaines, justice accélérée..), estimant qu'elles rencontraient pour la plupart leurs doléances. Ils restent toutefois prudents, attendant de voir la concrétisation des décisions sur le terrain. Une première rencontre est prévue avec les ministres ou leurs représentants le 30 octobre, une date qui avait déjà été fixée après le dépôt d'un préavis de grève qui prendra cours fin novembre. Un nouveau rendez-vous a été inscrit le 27 novembre, cette fois pour évaluer la concrétisation des décisions. Mettant la pression, les syndicats ont maintenu le préavis de grève.

"1600 faits de violences à l’encontre de policiers"

Les policiers manifestaient contre la violence faite aux agents, un phénomène en hausse selon eux : ils avancent le chiffre de 1600, sur base annuelle, à l'échelle nationale. De graves incidents qui se sont déroulés il y a 15 jours à Houthalen-Helchteren dans le Limbourg ont constitué la goutte qui a fait déborder le vase. Plusieurs policiers ont été blessés dans une rixe, dont un grièvement.

Après les affrontements à Houthalen début octobre, la rédaction d'un vade-mecum et d'une circulaire avait été annoncée, touchant entre autres à l'assistance juridique et administrative ainsi qu'à l'indemnisation de tous les frais médicaux. "Selon nous, un mois et demi est suffisant pour soumettre ce point à la consultation ou à la négociation. Si le gouvernement laisse s'écouler cette période sans négociations concrètes, le préavis de grève sera activé le 29 novembre et se prolongera jusqu'au 2 janvier 2014."

Plusieurs bourgmestres dont le celui d'Anvers Bart De Wever (N-VA), étaient venus apporter leur soutien aux manifestants. On y a aussi vu Mischael Modrikamen (PP) et Luc Trullemans.

Une quarantaine de soutiens aux Afghans repoussés par la police dans le métro Arts-Loi

Une quarantaine de personnes soutenant les demandeurs d'asile et sans-papiers afghans, ont été repoussées par la police dans la station de métro Arts-Loi à coups de pétards. Les manifestants souhaitaient dénoncer les violences policières à l'encontre de 158 Afghans arrêtés mardi aux abords du cabinet du Premier ministre Elio Di Rupo.

Plus tôt dans l'après-midi, la quarantaine de soutiens des demandeurs d'asile et sans-papiers afghans avait occupé le hall d'entrée du cdH, situé rue des Deux Eglises à Bruxelles, pour protester contre l'arrestation musclée des Afghans. Ces derniers ont entre-temps été mis à la disposition de l'Office des Etrangers.

Les activistes ont finalement été reçus par un représentant du parti auquel ils ont pu faire part de leurs doléances. Ils ont notamment réclamé un moratoire sur l'expulsion de ressortissants afghans vers leur pays et un statut juridique pour ceux-ci. Le droit de manifester librement et l'octroi d'un logement aux demandeurs d'asile et sans-papiers afghans faisaient également partie de leurs requêtes.

Belga et RTBF

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