Mobilisation nationale: vos conditions de circulation, les répercussions par région

Les manifestants arrivent à la gare du Nord.
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Les manifestants arrivent à la gare du Nord. - © RTBF

Les syndicats ont battu le rappel : ce jeudi a été décrété journée de mobilisation nationale. Énormément de travailleurs mécontents des nouvelles mesures contenues dans l’accord de gouvernement se sont rendus à Bruxelles ce matin pour se faire entendre de la "Suédoise". La police annonce ainsi près de 100 000 personnes dans les rues de la capitale. Cette mobilisation de grande ampleur a également d’importantes répercussions, un peu partout dans le royaume : écoles, administrations publiques, entreprises, transports en commun… On fait le point.

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Vers midi, on apprenait que la circulation des trains en gare du Nord s'est fait au compte-gouttes dans la matinée, avant de reprendre un rythme normal vers midi. Le ralentissement des trains a été réalisé sur ordre de police en raison de la présence de nombreuses personnes sur les quais, a indiqué la SNCB.

Le départ de la manifestation a été donné à midi à la gare du Nord. La gare a dès lors été évacuée par les nombreux manifestants présents. Le trafic des trains a repris de manière plus régulière, quelques retards sont néanmoins à prévoir.

Hainaut

D’abord, au niveau des transports en commun (TEC) : 40% des chauffeurs ont pris leur service à Jumet, 20% à Genson. Côté métro : 100% du trafic est assuré entre Soleilmont et Charleroi (la ligne M4). Par contre, il n’y a aucun métro entre Gosselies et Charleroi-Sud. Quant à la ligne Anderlues-Charleroi, elle fonctionne à 40%.

La situation est nettement plus problématique à La Louvière où à peine 10% des chauffeurs ont pris leur service. Voilà pour les Tec.

Passons maintenant à Mons et dans le Borinage. Seuls 8 chauffeurs des TEC sur 62 ont pris leur service. On note bien quelques bus sur la ligne Mons-Quiévrain. Le reste est complètement à l'arrêt. A Tournai (ville) et Mouscron, il y a… un seul bus qui circule.

Seuls les bus des lignes privées circulent. Pour celles-ci, 90% des chauffeurs ont annoncé qu'ils travailleraient bien aujourd'hui.

Toujours au niveau des transports, mais côté rail cette fois-ci, un train transportant des manifestants a été bloqué pendant 63 minutes à Luttre entre Charleroi et Bruxelles. La raison de cet arrêt  semblait d'abord être une surcharge. Mais, d'après la porte-parole de la SNCB, Nathalie Piérard, il s'agissait juste d'une avarie de la motrice qui a du être remplacée par une autre machine.

De nombreuses écoles tourneront aussi au ralenti. Certains établissements ont demandé aux élèves de rester chez eux ; d’autres fonctionneront tout à fait normalement. Ce sera au cas par cas.

Les administrations communales devraient aussi être perturbées ce matin. Ainsi, à La Louvière par exemple, les portes de l’Hôtel de ville devraient rester ouvertes mais plusieurs guichets ne seront pas accessibles. S’il y a urgence, il devrait donc être possible d’obtenir malgré tout un document.

Côté ramassage des déchets (à Charleroi), l'ICDI communique que les tournées des camions poubelles sont théoriquement maintenues ce jeudi.

Attention toutefois aux décalages d'horaire, le ramassage pourrait avoir lieu plus tôt que d'habitude. Et si certaines tournées ne pouvaient être complètes, l'intercommunale annonce qu'elles seraient terminées demain, vendredi. Côté parcs à conteneurs, seuls trois parcs seront ouverts aujourd'hui (ceux de Couillet, Ransart et Landelies), les autres parcs à conteneurs de la région carolo resteront fermés.

Toujours dans la région de Mons-Borinage, FGTB et CSC annoncent 6000 inscrits pour la manifestation. 5000 inscrits pour la Wallonie Picarde.

60% des postiers hennuyers se rendront à la manifestation. Seule la distribution des journaux sera assurée.

Plusieurs entreprises seront perturbées : NGK à Baudour ou REXEL à Mouscron, par exemple. BELREF à Saint-Ghislain pourrait carrément être à l’arrêt.

Pas de ramassage des poubelles non plus à Tournai. IPALLE ferme la plupart des parcs à conteneurs en Wallonie Picarde. Quelques-uns seront accessibles mais à des horaires réduits. En revanche, les PMC et les papiers-cartons seront collectés comme d’habitude.

Grosse paralysie dans les prisons. A Tournai et Leuze-en-Hainaut, tout le personnel débrayera pour aller manifester. Près de 80% des agents pénitentiaires ne prendront pas leur service à la prison de Mons. Les zones de police concernées remplaceront partiellement le personnel pénitencier (seulement pour le maintien de l’ordre).

Les hôpitaux du Hainaut risquent quant à eux de basculer en service dimanche.

Namur et Brabant wallon

Pour le Namurois, on estime que plus de 5500 travailleurs rejoindront Bruxelles ce jeudi matin. Et ils seraient plus de 10 000 dans la jeune province.

D'après les syndicats, tous les secteurs répondent à l'appel, y compris ceux qui se mobilisent moins d'habitude. Les enseignants par exemple seront très nombreux.

Le personnel des grandes entreprises va aussi se faire entendre. Dans le Brabant wallon, plus de 1500 travailleurs du géant pharmaceutique GSK "descendront" sur Bruxelles. Une centaine d'employés de Solvay à Jemeppe-sur-Sambre également.

Et puis, il y aura des gardiens prisons, des employés de l'administration publique…

Les syndicats que nous avons contactés notent aussi une forte mobilisation de travailleurs isolés de petites entreprises ou de non affiliés, voire même de chômeurs ou de pensionnés.

Côté TEC: des perturbations sont à attendre. Même si le nombre de chauffeurs en grève varie selon les dépôts, on estime que sur le secteur de Namur environ 53% des bus roulent ce jeudi matin. Un peu plus 66% du côté d'Ohey et 76% sur Florennes.

Dans le Brabant wallon, 40% des bus sont sortis ce matin du dépôt de Jodoigne. A Chastre, 18 chauffeurs sur 30 ont pris leur service. Et à Baulers, à Nivelles, la mobilisation est un peu plus importants puisque un tiers des bus seulement ont pris la route.

Le tract distribué par les cheminots aux voyageurs ce matin.

Luxembourg

Beaucoup de Luxembourgeois vont prendre le train ce matin pour rejoindre Bruxelles. Plus de mille participants sont annoncés du côté de la CSC Luxembourg, et autant du côté de la FGTB, venant de tous les secteurs: services publics, enseignement, entreprises privées… Selon les syndicats, il y aurait environ trois fois plus de participants que lors d'autres manifestations.

Du côté des écoles de la province, beaucoup de professeurs du secondaire participent également à la manifestation. Cependant, la majorité des écoles s'adaptent et proposent un encadrement des élèves. C'est le cas à l'Institut Notre-Dame Séminaire de Bastogne où 50% des professeurs de 1ère et 2ème année seront absents mais la prise en charge des élèves est assurée avec malgré tout quelques aménagements d'horaires. A l'Athénée Royal de Marche, peu de professeurs ont décidé de manifester et les cours sont maintenus.

Liège

La province de Liège a envoyé plus de 22 000 personnes dans les rues de la Capitale. Pour la CSC, 8500 à 9000 personnes ont réservé leurs places via leur syndicat. Du côté FGTB, le chiffre atteint 13 000 personnes. 5000 sont allés en train. Trois trains spéciaux supplémentaires, dont un au départ de Verviers, ont d'ailleurs été affrétés afin de répondre à la mobilisation. 105 autobus ont également pris la direction de la capitale.

Plusieurs secteurs sont à l'arrêt ce jeudi: c'est le cas des bus. Aucun véhicule n'est sorti des dépôts de Liège et Verviers le matin et la situation devrait durer toute la journée.

Certains secteurs ont déjà débrayé mercredi soir: c'est le cas chez ArcelorMittal, à l'arrêt pour 24h.

Les gardiens de prisons se croisent également les bras depuis mercredi soir. Ils seront à l'arrêt jusque samedi. Et peu de gardiens ont pris leur service ce matin. Dans ce secteur, la mobilisation est très forte, notamment à Huy, où la totalité des agents a débrayé.

Le service est ralenti aussi dans la plupart des administrations communales.

Si vous devez vous rendre dans une administration communale, soyez prévoyants: passez un coup de fil avant car la plupart des guichets resteront fermés. A Liège, on signale qu'il sera néanmoins possible de déclarer les naissances et les décès.

Du côté des parcs à conteneurs à présent, seuls 5 sur les 49 de la province seront accessibles. Pas ou peu de courriers dans votre boîte aux lettres.

La continuité des services hospitaliers, quant à elle, est bien sûr assurée mais le centre hospitalier chrétien a envoyé par exemple à lui seul 5 cars à Bruxelles.

En plus du TEC et d'ArcelorMittal, des sociétés comme Techspace Aero, la FN Herstal, Kabelwerk à Eupen ou encore Spa Monopole sont à l'arrêt, selon différentes sources syndicales. D'autres, comme CMI à Seraing, Knauf à Engis, TNT à Grâce-Hollogne, Ter Beke à Wanze ou Malysse à Villers-le-Bouillet ont également enregistré de nombreuses absences et leurs activités tournent au ralenti.

Même constat au sein du secteur de la distribution, dans des enseignes comme Ikea ou Primark. De nombreuses écoles ont également vu leur fonctionnement perturbé en raison de la mobilisation de nombreux enseignants.

Bruxelles prise d’assaut

On s’en doute : il sera très difficile de circuler dans Bruxelles ce jeudi. On attend aussi des perturbations dans pas mal de secteurs.

On annonçait une paralysie totale du réseau Stib. La situation, ce matin, est un peu moins chaotique qu’annoncée. Les 4 lignes de métro qui parcourent la capitale sont exploitées, avec une fréquence d'un métro sur trois. Du côté du tram, 8 des 19 lignes sont exploitées, avec une fréquence de deux trams sur trois. La Stib concentre son offre sur les grosses lignes : les lignes 3, 4, 7, 39, 51, 55, 82, 92.

La station de prémétro Bourse, fermée vers 13h50 pour des raisons de sécurité, est à nouveau accessible depuis 16h, a indiqué la Stib sur Twitter. La police bruxelloise a par ailleurs précisé vers 16h15 que le Boulevard Anspach, où s'est déroulée la manifestation nationale, était rouvert à la circulation entre De Brouckère et la Rue des Riches Claires.

Les bus sont, eux, beaucoup plus rares dans les rues de Bruxelles. Sept des 50 lignes seulement circulent : il s'agit des lignes 12,13, 14, 48, 53, 63 et 95.

En début d'après-midi, la situation dans la capitale reste difficile sur certains axes. Les tunnels de la Porte de Namur et Porte de Hal sont fermés vers le Midi, et le Tunnel Porte de Hal est fermé vers la Basilique.

Les tunnels Trône, Rogier et Léopold II sont rouverts vers la Basilique mais toujours fermés vers le Midi. Avenue de l'Héliport et place des Armateurs sont rouverts à la circulation en direction du boulevard Simon Bolivar. A 14hr45', la circulation est à nouveau possible dans rue de Laeken et chaussée d'Anvers vers la Petite Ceinture, et vers Koekelberg.

On relève d'importants embarras de circulation dans le quartier du canal.

La station Bourse est fermée pour des raisons de sécurité.

Le tweet de la STIB ce jeudi matin

Au niveau des écoles maintenant : la mobilisation des profs et instituteurs est annoncée comme importante. Les écoles sont bien censées offrir un accueil mais ce matin, c'est un peu la confusion. Des établissements ont conseillé aux parents de ne pas amener leurs enfants, faute d'encadrement. Certaines directions ont même annoncé aux parents que l'école serait fermée. D'autres, au contraire, obligent les enfants à venir à l'école. Bref, à nouveau : c’est au cas par cas.

Des perturbations, il y en aura aussi dans le monde des entreprises. Les grandes surfaces risquent bien d'être particulièrement touchées. La collecte des déchets aussi. Tout comme le fonctionnement des crèches.

La province d'Anvers particulièrement touchée

La situation était assez variable en Flandre jeudi matin, jour de manifestation nationale. Si la province du Limbourg ne semblait pas trop perturbée par la mobilisation syndicale, la province d'Anvers connaissait de réels ralentissements, un quart des écoles communales y étant notamment fermées.

En Flandre occidentale, la plupart des perturbations étaient constatées sur le réseau De Lijn. Seul un chauffeur sur deux avait pris son service, les trams de la Côte étaient maintenus mais circulaient à raison d'un tram sur deux. A Bruges, la plupart des musées étaient également fermés. Les entreprises Daikin, Pinacol et Bombardier fonctionnaient au ralenti, de même que le port de Zeebrugge où la moitié des dockers avait débrayé.

Le port d'Anvers connaissait aussi des ralentissements en raison du départ de 1.000 de ses travailleurs pour la manifestation. La ville était particulièrement touchée par la mobilisation, de nombreux musées et piscines étaient fermées, de même qu'un quart des écoles primaires communales. Les parents avaient néanmoins été prévenus et les enfants ont été accueillis dans d'autres établissements.

En province de Limbourg, malgré le départ de 6.000 militants pour la capitale, tous les services, à l'exception des transports De Lijn, fonctionnaient de manière régulière.

En Flandre orientale, l'usine Volvo de Gand espérait pouvoir maintenir deux tiers de sa production journalière, soit 800 voitures, malgré la présence de nombreux travailleurs à Bruxelles.

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RTBF

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