Manifestation antifasciste à Gilly: Paul Magnette a demandé un rapport "pour faire toute la clarté et établir les responsabilités"

Un rassemblement antifasciste a tourné au vinaigre ce samedi à Gilly : la police est intervenue, avec matraques et autopompe, pour faire reculer les manifestants.
Un rassemblement antifasciste a tourné au vinaigre ce samedi à Gilly : la police est intervenue, avec matraques et autopompe, pour faire reculer les manifestants. - © DR (Image Facebook)

Violences, dérapages, responsabilités... Les événements de samedi dernier à Gilly ont, comme prévu, fortement animé le début du conseil communal lundi soir à Charleroi.

Pour rappel, la police a réprimé durement un rassemblement pacifiste de représentants syndicaux et politiques qui tentaient d'empêcher la réunion d'un nouveau parti d'extrême-droite.

Lundi soir, plusieurs dizaines de militants syndicaux étaient présents pour entendre le bourgmestre Paul Magnette et lui demander des comptes.

Vincent Pestiau, le secrétaire régional de la FGTB Charleroi, et son homologue de la CSC, Fabrice Eeklaer, ont été les premiers à prendre la parole, très remontés. "Nous n’avons qu’une seule question : qui a donné l’ordre de matraquer et gazer l’ensemble des représentants syndicaux et politiques de la région ; et, une fois la matraque délaissée et qu’on était sur la voie publique, lancer les autopompes ? A Charleroi, qui commande la police ? Qui est responsable de ces faits ? (…) Je ne pensais pas que nous aurions un jour à venir devant vous demander des explications parce que les forces de l’ordre ont défendu le fascisme et l’extrême droite en brutalisant des militants syndicaux…"

"Faire toute la clarté"

Paul Magnette a tenu à préciser qu’à aucun moment un ordre particulier n'a été donné de charger les militants. Ce sont les policiers sur le terrain qui ont décidé d'agir de la sorte.

Le bourgmestre a demandé un rapport complémentaire à la police sur le déroulement des faits. Il a aussi réclamé qu'une enquête indépendante soit menée par l'Inspection générale des polices pour faire toute la clarté sur cette affaire.

"J’ai demandé un rapport à la police, toute une série de compléments d’information. Et j’ai également demandé à ce que qu’il y ait un rapport complémentaire qui soit établi par un organisme indépendant, à savoir l’Inspection générale des polices fédérale et locale, de manière à ce qu’on puisse faire toute la clarté sur le déroulement extrêmement précis des événements. Sur base de ces rapports, nous établirons les responsabilités et nous prendrons toutes les décisions qui doivent être prises."

"Pas d’amalgame !"

Mais le bourgmestre a rajouté : "Je comprends tout à fait l’indignation et la colère des personnes qui étaient présentes. Je vous demande néanmoins de ne pas faire d’amalgame. Nous ne pouvons tolérer que l’on dise que la police défende les fachos ! La police n’est pas là pour prendre parti pour un camp ou un autre. Elle est là pour, en toute impartialité, faire respecter l’ordre public et les libertés publiques. Et ce sera toujours les consignes qui sont données."

Du côté des partis politiques, tous ont demandé à ce que la clarté sur les événements soit faite le plus vite possible. Pour le MR et le cdH, il en va de l'image de la Ville de Charleroi et de sa police. Le PTB a, lui, regretté que le bourgmestre n'ait pas interdit purement et simplement la réunion du groupe d'extrême-droite.

Journal télévisé du 25/01/2020

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