Maltraitances à l'Institut psychiatrique de Dave: suspension du prononcé pour le seul accusé

L'ancien infirmier de l'Institut psychiatrique de Dave bénéficie de la suspension du prononcé.
L'ancien infirmier de l'Institut psychiatrique de Dave bénéficie de la suspension du prononcé. - © Flickr - dctim1

L’ex-infirmier G. Mukendi s'est vu accordé une suspension du prononcé dans le dossier de maltraitance à l’hôpital psychiatrique de Dave. C'est le tribunal correctionnel de Namur qui l'a décidé ce matin. Le juge a estimé qu’au moins un des faits de violence reprochés à l’ex-infirmier G. Mukendi était établi. Mais l’absence de passé judiciaire de l’infirmier et l’ancienneté des faits (qui remontent à 2012) expliquent la relative clémence du tribunal.

Le parquet l'accusait de s'être rendu coupable pendant plusieurs années de coups et blessures et de traitements dégradants sur des patients d'un service pour handicapés profonds. Toutefois le dossier était très complexe car certains faits remontent à plus de dix ans. Le prévenu est d'ailleurs pensionné depuis plusieurs années déjà. Deuxième difficulté : les victimes supposées, en raison de leur santé mentale, sont incapables de s'exprimer. Le dossier à charge a donc été construit essentiellement sur la base de témoignages d'autres membres du personnel ou alors des familles des patients. Une de ces familles s'est d'ailleurs constituée partie civile dans ce procès, dont le grand absent était l'hôpital lui-même.

Pour rappel, c'est un ex-psychiatre du centre qui avait tiré la sonnette d'alarme en 2014. Le docteur Arnaud Misson dénonçait alors une "violence institutionnelle", des négligences de la direction qui auraient, selon lui, favorisé la maltraitance. "Je n’ai pas l’intention de commenter la décision de justice", nous a confié ce matin le médecin qui ajoute tout de même son sentiment sur la lenteur de la procédure, "le tempo de la justice semble tout à fait déconnecté du rythme des vivants". En novembre dernier, il avait été contraint par le tribunal civil du Brabant wallon, siégeant en référé, de fermer sa page Facebook dénonçant des maltraitances à l'Institut psychiatrique de Dave, ainsi que la chaîne Youtube sur laquelle il avait posté une vidéo dénonçant des faits de violence sur les patients et accusant la direction de l'hôpital de fermer les yeux.

 

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