La moitié des communes bruxelloises utilisent des pesticides interdits

Si plus de la moitié des communes bruxelloises a toujours recours aux produits chimiques, c'est aussi à cause d'une réglementation trop floue
Si plus de la moitié des communes bruxelloises a toujours recours aux produits chimiques, c'est aussi à cause d'une réglementation trop floue - © Belga (illustration)

Malgré une ordonnance qui l'interdit, la moitié des communes bruxelloises continuent à utiliser des pesticides, nocifs pour la santé et l'environnement. En cause : une mauvaise législation et un non-accompagnement de la part de la Région.

À Berchem-Sainte-Agathe, par exemple, la commune a décidé d’agir. Les jardiniers ne peuvent plus utiliser ces produits toxiques. Une intention qui est bonne mais qui reste néanmoins difficile à réaliser au quotidien. Des alternatives aux pesticides sont en cours de test. Mais en attendant, les stocks restants sont utilisés, à contrecœur. Philippe Van Damme est l'éco-conseiller de la commune. Il explique : ''on utilise encore quelques pesticides alors qu’on aimerait bien les arrêter. Le problème est qu’on n’a pas de solution claire. Il faut reconnaitre que les pesticides sont terriblement efficaces et il faut trouver des alternatives qui soient tout aussi efficaces et ça, ce n’est pas toujours évident. Par le passé, on a déjà essayé des systèmes thermiques mais ça n’avait pas du tout fonctionné.’’

Si plus de la moitié des communes bruxelloises a toujours recours aux produits chimiques, c'est aussi à cause d'une réglementation trop floue. L'ordonnance de 2004 interdit aux communes d'utiliser des pesticides, mais son application pose problème. Des dérogations sont notamment possibles. Donatienne Waele, du ministère de l'Environnement, souligne : ''les principes de l’ordonnance de 2004 sont très bons. Son dispositif de mise en œuvre par contre n’était pas assez complet. L'ordonnance reste d’application malgré tout. Il est vrai que le cadre législatif n’est pas extrêmement précis, notamment aux mesures d’accompagnement. On en a eu conscience assez rapidement et notre souhait, à présent, est d’améliorer ce volet de la politique.’’

La ministre bruxelloise de l'Environnement, Evelyne Huytebroeck, planche sur une nouvelle ordonnance. En attendant, le texte est toujours en discussion, car il faut trouver de bonnes alternatives. Philippe Van Damme ajoute : ''Pour l’instant, nous sommes en train de tester un système à la vapeur d’eau et on fait des essais sur la voie publique. C’est un appareil avec des roulettes qui est autonome. Il y a de l’eau qui est chauffée dans l’appareil et on l’envoie de manière localisée. L’eau, en soi, est déposée chaude sur la plante. Souvent, on dit qu’il faut donner un coup de chaleur à la plante, sans la bruler totalement. On a commence aussi à essayer d’autres procédés, comme par exemple le savon de Marseille pour les pucerons.’’

Bruxelles Environnement affirme ne plus utiliser de pesticides

Au niveau régional, Bruxelles Environnement affirme ne plus en utiliser depuis de nombreuses années. Serge Kempeneers est le directeur de la division Espaces Verts. Selon lui, tout doit être pensé au préalable. ''Nous n’utilisons plus de pesticides. On travaille avec des systèmes de brûlage ou de brossage. Dès le départ, il était bien clair que dans les aménagements et dans la gestion, il était voulu de limiter l’utilisation de produits chimiques. Ca résulte d’une approche de changer les aménagements, faire en sorte que l’on ait, à certains endroits, des revêtements de sol qui puissent être envahis par de la végétation, donner sa place à la nature sauvage et donc aux mauvaises herbes. C’est vrai que quand on gère des grands parcs, c’est plus simple d’appliquer ce type de gestion que quand on gère un cimetière. Mais je crois que pour développer Bruxelles ville durable et ville verte, on doit vraiment revoir sa façon de vivre et d’accepter la nature en ville.’’

La nouvelle ordonnance devrait être soumise au Parlement bruxellois, à l'automne prochain.

RTBF

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