La chambre du conseil de Namur confirme le mandat d'arrêt de Luc Nem, le meurtrier présumé de Marielle Tournay

Le lieu du drame, à Assesse
Le lieu du drame, à Assesse - © RTBF

Ce matin, la chambre du conseil de Namur a prolongé d’un mois le mandat d’arrêt de Luc Nem, inculpé pour le meurtre jeudi dernier de Marielle Tournay à Assesse. Luc Nem a fait des aveux implicites dans ce dossier, déclarant aux policiers que "cela ne pouvait pas être quelqu’un d’autre que lui"; même s’il dit ne pas se souvenir avoir porté des coups à sa compagne cette nuit-là.

Ce qui est interpellant dans ce dossier, c’est que c’est déjà la quatrième fois en un an que Luc Nem se retrouve devant cette chambre d’instruction. Les trois premières fois, c’était déjà pour des coups et blessures portés à sa compagne. Mais jeudi dernier, Marielle Tournay en est morte.

La séquence judiciaire est évidemment interpellante : septembre 2018, avril 2019, juin 2019 et novembre 2019… Durant cette période, Luc Nem a fait plusieurs mois de prison préventive et il a été condamné à 20 mois de prison avec sursis partiel. Mais il a aussi bénéficié de mesures alternatives et probatoires, pour soigner son alcoolisme et son tempérament violent. D’ailleurs, quand il sort de prison, le 2 octobre dernier, c’est à nouveau à condition qu’il se soigne. Mais au lieu de prendre le chemin de la thérapie, et de s’éloigner de sa victime, il retombe dans ses travers violents. De l’avis même de son avocat, Maître Jean Sine, "c’est un échec absolu".

Une victime sous l’emprise de son bourreau ?

Le procureur du roi de Namur, Vincent Macq, estime pour sa part qu'"on ne peut pas accuser la justice d’un manque de réaction dans ce dossier". La répétition des procédures judiciaires prouverait au contraire que les plaintes ont été suivies d’effets. Luc Nem a passé plusieurs mois en prison préventive et sa condamnation à 20 mois, même avec sursis partiel, n’est pas une peine légère pour des coups et blessures.

Pour Vincent Macq, une des clés de ce tragique fait divers serait plutôt la propension de la victime à rester sous l’emprise de son bourreau. Le 2 octobre dernier Marielle Tournay attendait encore Luc Nem à sa sortie de prison. "Il faut certainement mieux prendre en charge les victimes de violences conjugales, estime le procureur du roi de Namur, surtout celles qui sont sous l’emprise économique ou psychologique de leur bourreau".

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