Louvain-la-Neuve : vers une flambée des contaminations au coronavirus ?

Assiste-t-on à une forte hausse du nombre de cas positifs au Covid-19 à Louvain-la-Neuve ? C’est en tout cas ce qu’affirment de nombreux étudiants. Les autorités académiques, elles, citent le chiffre de 300 cas positifs déclarés à l’UCLouvain, soit environ 1% de la population estudiantine des différents sites.

Mais ce chiffre pourrait être supérieur. En effet, les étudiants malades ne sont pas obligés d’avertir l’UCLouvain ; et certains étudiants positifs échappent aux statistiques locales, car ils sont répertoriés à leur domicile principal (le plus souvent, le domicile des parents). D’autres enfin, pourraient être porteurs sains (positifs asymptomatiques).

Des témoignages interpellants

"Nous sommes confinés dans notre kot depuis vendredi dernier parce que nous avons le coronavirus", explique un étudiant interrogé à bonne distance depuis la terrasse de son logement. Dans ce kot de quatre personnes, deux étudiants ont été testés positifs. Deux autres sont négatifs. L’un d’eux, malgré tout, avec des symptômes typiques du Covid-19. L’autre, inquiet, est prêt à se faire tester à nouveau. Rappelons que le dépistage est possible depuis quelques jours dans une antenne située à la place de l’Hocaille (mais avec un nombre de tests quotidiens relativement limités). Le test est toujours possible à la Clinique Saint-Pierre d’Ottignies, mais les autorités conseillent aux étudiants de s’y rendre en évitant les transports en commun, pour éviter tout risque de contamination.

L’estimation du nombre de cas positif est donc de 300, à ce jour. Mais de nombreux étudiants pensent que le chiffre avancé par l’université est bien inférieur au nombre de cas potentiels réels. "On a énormément de copains contaminés à Louvain-la-Neuve", affirme un étudiant. "La plupart des gens, ici, sont confinés. On a rarement vu le site aussi calme. On a l’impression d’être en période d’examens. Plus de soirées, plus rien ! Et on a l’impression que cela se généralise !"


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Dans un autre kot, les étudiantes évoquent une situation similaire. "Le coronavirus est là, mais on vit avec la maladie sans trop de mal". Un autre témoignage est interpellant : "Nous sommes partis pour deux semaines de confinement. Dans notre logement, nous sommes à huit. Cinq étudiants sont positifs ! Deux sont négatifs et le dernier attend les résultats du test médical. On ne peut pas rentrer chez nous le week-end. Pour nous, il n’y a pas trop de problèmes, même si cette situation est embarrassante. Mais rentrer à la maison, ce serait trop dangereux pour nos familles respectives".

Pas de panique, de la vigilance

Pour l’UCLouvain, il faut rester prudent, sans paniquer. Des foyers peuvent se développer en raison de la promiscuité dans les kots ou dans des soirées. Mais à ce stade, il n’y a pas lieu de trop s’inquiéter. Le code jaune est toujours d’actualité. Et tout le monde espère éviter le passage au rouge. "Il y a effectivement des contaminations parmi les étudiants", affirme Frédéric Houssiau, vice-recteur des sciences de la santé à l’UCLouvain. "On a 1% de cas positifs déclarés. Cela reste peu pour 30.000 étudiants. Mais on suit l’évolution de la situation. D’autant que les étudiants positifs ne sont pas obligés de déclarer leur maladie. D’autre part, des cas sont répertoriés à leur domicile. D’autres enfin, ne passent pas de test", sans oublier les porteurs sains.

On le sait, il y a très peu de risque de complications chez les jeunes malades, mais les autorités demandent aux étudiants positifs de respecter la quarantaine pour protéger les autres, surtout les personnes plus âgées. Un avis partagé par le virologue Yves Van Laethem : "Si vous êtes positif, même sans symptômes, surtout restez confinés pendant au moins une bonne huitaine de jours". Par ailleurs, le virologue précise : "Il faut aussi rester vigilant vis-à-vis des étudiants dont la santé est (déjà) fragilisée, comme les asthmatiques sévères".

Enfin, la Ville d’Ottignies Louvain-la-Neuve rappelle que le port du masque reste obligatoire dans les rues commerçantes et dans les lieux très fréquentés. La maladie a fortement progressé en Brabant Wallon durant le mois de septembre (+300%), bien que le nombre moyen de cas quotidien (sur 7 jours) commence à baisser depuis une semaine.

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