Louvain-la-Neuve : la Ville dévoile ses intentions pour l'avenir de l'Esplanade et des environs

Louvain-la-Neuve: la Ville dévoile ses intentions pour l'avenir de l'Esplanade et des environs
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Louvain-la-Neuve: la Ville dévoile ses intentions pour l'avenir de l'Esplanade et des environs - © Tous droits réservés

Les futurs grands axes d’aménagement de la zone englobant le complexe de l’Esplanade et le nouveau quartier Courbevoie, à Louvain-la-Neuve, sont connus. Ils sont inscrits dans l’avant-projet de SOL, le Schéma d’Orientation Local, adopté hier soir lors du conseil communal d’Ottignies Louvain-la-Neuve. Cet outil urbanistique permet de définir les lignes de force de l’extension Nord-Est du centre urbain. La zone concernée est à la croisée de plusieurs quartiers, dont Lauzelle et le centre-ville. Pour la majorité, l’idée est de développer dans cette zone un véritable quartier d’entrée de ville, vivant, agréable, en connexion avec les autres quartiers et offrant une mixité de fonctions, avec du logement, du bureau, du commerce et des services.

Esplanade et commerces

La majorité ne souhaite plus d’extension pure et simple du shopping, comme espérée en son temps par le promoteur privé. Elle dit avoir entendu les réticences exprimées par de nombreux riverains lors de la consultation populaire de 2017. La Ville et le Bureau d’études chargé de collaborer à l’avant-projet de Sol expliquent aussi s’être inspirés des ateliers du panel citoyen qui avait été invité à débattre du sujet. "Plutôt qu’une extension pure et simple du centre commercial existant", explique la bourgmestre Julie Chantry, "nous souhaitons des commerces de rez-de-chaussée aux côtés d’autres fonctions, dont du logement. Nous voulons une mixité des fonctions. Une zone mono fonctionnelle telle que celle que prévoyait le projet d’extension du centre commercial existant n’apportait pas de réponse à cet objectif de mixité fonctionnelle que nous voulons". En clair, le projet permettra d’implanter de nouveaux commerces, mais pas que du commerce.

10 objectifs stratégiques

Développer un véritable quartier de ville, dynamique, agréable et offrant une mixité de fonctions : voilà la priorité de base du texte. L’avant-projet prévoit aussi des améliorations en matière de mobilité (surtout douce) et d’intermodalité des transports. Elle envisage la création d’une zone dépose minute (kiss and ride) à l’entrée de la ville, la délocalisation de la station-service, le marquage de l’entrée de ville par une fresque, un monument ou un bâtiment. Mais aussi : une verdurisation de nouveaux bâtiments, le maintien du style architectural existant, une requalification de l’avenue Lemaître, ainsi qu’une valorisation du site de la gare. Plusieurs options sont épinglées, depuis la couverture partielle des quais, jusqu’à leur couverture totale, avec des constructions possibles sur la dalle ferroviaire. "L’objectif, c’est d’avoir un résultat agréable", explique la bourgmestre Julie Chantry.

Klépierre reste de marbre

Du côté du propriétaire de l’Esplanade, on se refuse à tout commentaire. Le siège du groupe français Klépierre, à Paris, nous a simplement fait savoir qu’il "poursuivrait ses activités dans le centre commercial existant". Quant à son éventuel intérêt pour d’autres formes de commerces dans la zone concernée, il dit ne pas vouloir prendre position à l’heure actuelle. Mais de source sûre, le géant français ne serait pas du tout enchanté par l’évolution du dossier.

Wilhelm & Co s’inquiète

De part et d’autre de la parcelle à l’arrière du shopping, le promoteur bruxellois Wilhelm & Co a des projets. "Nous souhaitions développer du logement d’un côté ; et 8.000 m² de bureaux, de l’autre", explique Jean-Michel Despaux, directeur opérationnel. "Je rappelle tout d’abord qu’il y a des contraintes d’ordre économique et technique qui vont se présenter dans le projet présenté. Et Si le SOL est approuvé, il y aura aussi des problèmes juridiques, en lien avec la propriété. Il y a des parcelles sous emphytéose (bail de longue durée, de 18 à 99 ans dans lequel le locataire dispose d’un droit réel). On a donc des droits réels avec des affectations bien précises. On ne peut pas spolier les gens comme cela en leur disant : Merci, vous avez fait depuis 20 ans des tas de travaux d’infrastructures, vous comptiez faire du commerce (pour Klépierre), du bureau ou du logement (Wilhelm), maintenant, c’est autre chose parce qu’on en a décidé ainsi ! Non ! Je réponds qu’on ne peut pas nous infliger cela sans que rien ne se passe !"

L’UCLouvain très sceptique

Outre le manque de concertation, l’UCLouvain reproche à la Ville son manque de clairvoyance. "C’est vraiment une zone difficile à mettre en œuvre parce que techniquement, cela va nécessiter une série d’ouvrages extrêmement importants, coûteux et complexes", commente Nicolas Cordier, administrateur délégué de l’Inesu, l’Institut pour l’Embellissement, l’aménagement, l’équipement et la gestion des Sites universitaires, à l’UCLouvain. "Par exemple, construire au-dessus d’une gare de chemin de fer, construire au-dessus d’une zone déjà habitée ou à développer, avec des routes qui passent en dessous, des liens avec des parkings déjà existants et exploités par un opérateur privé, ce ne sera pas évident ! Donc, imaginer aujourd’hui que dans une telle zone aussi compliquée, on peut travailler seul de son côté, et dessiner un plan qui est un outil urbanistique, sans voir le côté pratique de l’aménagement, du financement de la réalisation et du phasage pour le futur, c’est voué hélas, en bonne partie, à l’échec".

Et après ?

A ce jour, le SOL n’est qu’un avant-projet. Un outil de planification urbaine. Il a été approuvé par la majorité, l’opposition s’étant abstenue à l’exception d’une élue de Kayoux qui s’est prononcée contre.

Le texte va bientôt être suivi d’un rapport sur les incidences environnementales. Il sera éventuellement modifié, puis retranscrit en projet. Et ce projet de SOL devra impérativement être voté par le conseil communal pour le 12 septembre prochain, au plus tard. Le cas échéant, tout sera perdu. Suivra enfin une enquête publique. Et si tout se passe comme espéré par la majorité, la concrétisation des aménagements deviendra réalité d’ici une vingtaine d’années, selon la majorité.

 

 

 

 

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