Louvain-la-Neuve : des étudiants protestent contre la fermeture de la salle Salmigondis… en y étudiant

Les étudiants se relaient dans la salle pour y étudier
Les étudiants se relaient dans la salle pour y étudier - © AGL

C’est un lieu bien connu de la vie estudiantine à Louvain-la-Neuve. La salle "Salmigondis" accueille depuis des années débats, concerts et autres activités culturelles organisés par différents collectifs étudiants, tels que des kots à projets, des cercles, des régionales… Cette salle appartient à l’UCLouvain et est mise à disposition de l’association générale des étudiants de Louvain-la-Neuve (AGL) depuis 1997. "C’est une salle qui est destinée à des fins académiques. Mais à l’époque, l’université n’en avait pas un grand besoin", précise Philippe Hilligsmann, vice-recteur aux affaires étudiantes. Aujourd’hui, la situation a changé : face à l’augmentation toujours croissante du nombre d’étudiants inscrits, l’UCLouvain a besoin de locaux supplémentaires pour organiser les cours et souhaite donc récupérer la salle dès la rentrée de janvier. "C’est une décision qui date de 2012, à laquelle les instances étudiantes ont été associées. Nous sommes arrivés à la fin du processus. L’Université a un besoin crucial de cette salle pour y organiser des examens dès le 6 janvier et y assurer des cours par la suite", indique le vice-recteur. Des travaux d’aménagement doivent d’ailleurs commencer ce lundi 16 décembre.

Des alternatives insatisfaisantes pour les étudiants

Où les étudiants iront-ils dès 2020 organiser leurs activités culturelles ? C’est bien là que le bât blesse. "Des alternatives et des solutions ont été trouvées pour cette année pour la quasi-totalité des activités, au niveau de l’Atelier Jean Vilar, de l’Aula Magna… Et nous prenons en charge la plupart des frais liés au surcoût qu’impose le changement de localisation", répond Philippe Hilligsmann. Mais pour les étudiants, difficile de concurrencer le tarif les 75 euros par soirée proposé par l’AGL pour la location de la salle Salmigondis. "Les autres salles sont déjà surchargées et leur prix de location est bien plus élevé, parfois plusieurs centaines d’euros pour une soirée, ce qui est inabordable pour des collectifs étudiants, rétorque le président de l’AGL, Arnaud Huberty. Même avec une participation de l'UCLouvain, à raison de 75% des frais de location aux frais de location, ces salles restent difficilement abordables". Mais ce n’est pas le seul grief formulé par les étudiants :"Cette aide concernera seulement les kots à projet, regrette Chloé, étudiante en communication. Des étudiants à titre individuel ou d’autres groupements étudiants tels que "Louvain Folk", qui organise des concerts, perdent donc cette salle".

Un blocus de la salle et dans la salle

Face à l’imminence des travaux, des étudiants ont donc décidé d’occuper la salle. Depuis jeudi soir, ils se relaient jour et nuit pour y étudier en vue de leurs examens de janvier. "Cest compliqué de mobiliser les étudiants dans la période de décembre et janvier. Nous avons donc décidé de joindre l’utile à l’utile, en montrant notre soutien à la salle pour y organiser des activités culturelles et en donnant aux étudiants une salle d’étude, qui correspond à leur besoin en cette période. Nous prévoyons donc d’y organiser plusieurs semaines d’aide aux étudiants en blocus, explique le président de l’AGL. On espère que cette action fera changer la position de l’UCLouvain sur la question". Les étudiants ont même prévu des protections auditives pour continuer à se concentrer quand les travaux auront commencé. Le vice-recteur aux affaires étudiantes rassure : "Je me suis engagé à promouvoir la culture étudiante. Il n’y a donc pas à craindre une perte de qualité au niveau des activités culturelles des étudiantes et des étudiants de l’université". Philippe Hilligsmann dit rester ouvert au dialogue avec les occupants.

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