Louvain-la-Neuve : des étudiants conseillent les entreprises avec un regard neuf

Constantin et Adelin, deux des chevilles ouvrières de LSM Conseil
Constantin et Adelin, deux des chevilles ouvrières de LSM Conseil - © S. Vandreck

Ils font des études d’ingénieur de gestion, d’ingénieur civil, de droit, de sciences politiques… Ils sont aujourd’hui 45 à composer le bureau de consultance LSM Conseil, créé en 1992 et basé à Louvain-la-Neuve, au cœur de la Louvain School of Management. Une activité qu’ils exercent en complément de leurs études. "C’est complètement extra-curriculaire, insiste Constantin Claes, le jeune président de l’asbl. Même si, de temps en temps, il y a moyen de créer des synergies, comme travailler sur un projet qui deviendra par la suite notre sujet de mémoire". LSM Conseil est une "junior entreprise" comme il en existe plus de 200 en Europe, créées au sein des universités par des étudiants entrepreneurs. Son objectif est de permettre aux étudiants d’appliquer sur le terrain les compétences acquises aux cours et d’ajouter de nouvelles cordes à leur arc. "C’est vraiment faire le pont entre le professionnel et l’académique, précise Adelin François, le manager commercial. Pour les étudiants, aujourd’hui, c’est important de comprendre les challenges qui nous attendent dans la vie. Et la meilleure manière d’y arriver, c’est avoir un impact sur notre environnement direct".

Là où d’autres auront de l’expérience à partager, eux ont plutôt de la motivation, un regard neuf.

Concrètement, LSM Conseil donne des conseils aux entreprises en matière de technologies de l’information, de management, de marketing, de stratégie, réalise des études de faisabilité, des études de marché… Comme le ferait toute société de consultance. À la différence que les conseillers n’ont encore ni diplôme, ni grande expérience professionnelle. "Dès lors qu’on réalise trente à quarante projets par an, les entreprises sont prêtes à travailler avec des jeunes, sans avoir trop peur de notre inexpérience", réagit Adelin François. "Nous répondons à des normes de qualité internationales. Et nous sommes soutenus et conseillés par l’université et par des professionnels. Pour l’instant, les retours que nous avons sont positifs", ajoute Constantin Claes. S'ajoutent à cela les prix décrochés par la junior entreprise au niveau belge et international, et l'organisation de la LSM Cup, qui ce tiendra cette année ce 29 février. De quoi asseoir une belle réputation auprès de leurs clients, qui vont de la multinationale à la PME. Le producteur de boissons bio "Simone a soif" a ainsi fait appel à ses services pour réaliser un audit en vue d’une certification. "Le projet nous a beaucoup plu, il y a un match de valeurs entre nous. Nous avons apprécié leur grande disponibilité. Ce sont aussi des jeunes très motivés, qui font ça par passion en complément de leurs études, commente Antoine de Menten, cofondateur de la société. C’est assez complémentaire d’un bureau de consultance classique : là où d’autres personnes auront de l’expérience à partager, eux ont plutôt de la motivation, un regard assez neuf, qui n’est pas encore dans un système routinier. C’est surtout cela qu’on est venus chercher, une remise en question de ce qu’on faisait par un regard frais".

Concilier vie étudiante et professionnelle

Les membres actifs de LSM Conseil font aussi parfois appel à des étudiants extérieurs au bureau, en sous-traitance, notamment pour l’élaboration de prototypes. "Il y a deux ans, une société qui propose des distributeurs de jus de fruits qui pressent directement les oranges, nous a demandé de faire une étude de faisabilité technique pour voir si c’était possible avec des pommes, évoque Adelin François. Il a fallu faire une étude technique avec un prototypage de la machine, la qualité du jus, la force de la machine, pour proposer des résultats précis au client". Les jeunes consultants ne comptent pas leurs heures. "Si on veut vraiment s’impliquer, il faut compter une bonne dizaine d’heures par semaine", affirment-ils. Et ce n’est pas toujours facile à concilier avec le calendrier de la vie étudiante. "On est honnêtes avec nos clients. Ils doivent savoir que nous sommes des étudiants et que pendant les périodes de blocus et d’examen, nous travaillons moins sur le projet. Ce qui ne nous empêche pas de répondre dans délais corrects". Ces étudiants travaillent à titre bénévole, mais leurs services sont payants. Les rentrées servent à faire fonctionner le bureau de gestion avec un maximum de professionnalisme.