Louvain-la-Neuve: des airs de campagne électorale pour ou contre l'extension du shopping L'Esplanade

Louvain-la-Neuve: des airs de campagne électorale pour ou contre l'extension du shopping L'Esplanade
Louvain-la-Neuve: des airs de campagne électorale pour ou contre l'extension du shopping L'Esplanade - © ERIC LALMAND - BELGA

On se croirait en campagne électorale, à Louvain-la-Neuve. Ce vendredi, la plateforme citoyenne opposée projet d'extension de "L'Esplanade" organise un rassemblement festif, place de l'Université, de 17 à 22h.

Objectif: sensibiliser les citoyens sur les tenants et aboutissants du projet d'extension du centre commercial. Un rassemblement digne d'un meeting électoral. Les habitants seront en effet invités à voter lors de la consultation populaire du 11 juin prochain. Dans l'autre camp, le promoteur Klépierre tente de séduire le public à coups de publicité dans les journaux et d'affiches dans la galerie marchande.

Du publi-reportage versus Klépierre...

Dans un publi-reportage concocté par le promoteur Klépierre, le projet d'extension du centre commercial est présenté comme une évidence, un principe déjà acquis. "L'extension de L'Esplanade vient parachever et embellir l'entrée Est de Louvain-la-Neuve", affirme l'auteur.

"L'extension contribuera fortement à parachever et embellir l'entrée Est de la Ville, dans un style typiquement néolouvaniste", explique le rédacteur. Et de rappeler que l'ouverture du shopping actuel, en 2005, a permis de dynamiser tout le centre-ville et ses commerces en particulier. Un argument réfuté par de nombreux petits indépendants qui ont peur de se faire manger tout cru par la concurrence accrue qu'entraînerait l'extension. 50 enseignes supplémentaires sont annoncées à l'horizon 2020. 

Confiant dans son dessein, le promoteur invite les habitants à "exprimer leur soutien au projet d'extension à l'occasion de la consultation populaire" prévue le 11 juin prochain. Un petit air de campagne politique que défend Bernard Deslandes, Directeur du Développement chez Klépierre. "Oui, il y a une démarche aux accents politiques. Nous voulons informer la population correctement et présenter des arguments objectifs. Ce sera à la population de dire ce qui est le mieux pour sa commune. Nous n'avons pas encore introduit la demande de permis. Mais les opposants au projet ne doivent pas en conclure qu'on affirme que les jeux sont déjà faits."

Au meeting de la plateforme citoyenne

Une fois de plus, la plateforme citoyenne mise en place à la suite du projet d'extension contre-attaque. "Nous organisons une Grande Esclafade (apéro ludique, fête urbaine et débats) ce vendredi, de 17 à 22h, à la Place de l'Université", explique Anne Quévit, membre de cette plateforme composée d'associations, d'habitants, de commerçants et d'étudiants. "Nous voulons sensibiliser le public, car beaucoup de personnes ne connaissent pas réellement tous les tenants et aboutissants du projet. Or, nous ne voulons pas de cette extension. Elle serait néfaste aux petits commerçants et aux habitants, ainsi qu'à la mobilité, à l'environnement et à la convivialité de la ville". 

Egalement "en campagne", la plateforme veut inciter le maximum d'habitants à aller voter le 11 juin. C'est d'ailleurs cette plateforme qui est à l'origine de la demande de la consultation populaire. "Consultation de la population", a tenu à préciser récemment la commune. Rappelons que la commune d'Ottignies Louvain-la-Neuve a validé le travail préparatif du Comité de pilotage pour fixer les modalités pratiques et le questionnaire du scrutin. Le public devra dire oui ou non à l'extension. Mais les votants devront ensuite se prononcer sur 20 arguments favorables ou défavorables à l'extension du centre commercial.

"Il faut au moins 3.200 votants pour pouvoir dépouiller les bulletins et connaître les résultats", précise Anne Quévit. "Le promoteur fait croire que les jeux sont faits et que l'extension se concrétisera. Mais la demande de permis n'est même pas encore introduite. Et l'étude d'incidence est toujours en cours. Le promoteur semble nier les milliers d'opposants au projet en affirmant que des millions de personnes fréquentent les centres commerciaux. C'est un déni de démocratie!", conclut Anne Quévit.

Enfin, signalons que la commune, contactée ce jeudi, dit vouloir attendre les résultats d'études relatives au "schéma commercial", la semaine prochaine.

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