Logements inoccupés: Eghezée clarifie son règlement, sans convaincre les propriétaires

A Eghezée, depuis l'introduction de la taxe en 2010, deux personnes seulement ont mis leur maison inoccupée dans le circuit du logement social.
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A Eghezée, depuis l'introduction de la taxe en 2010, deux personnes seulement ont mis leur maison inoccupée dans le circuit du logement social. - © RTBF

Pas facile d'augmenter le nombre de logement sociaux dans les communes. A Eghezée par exemple, on se démène pour atteindre le nombre de 10% demandé par la Wallonie. Mais on est encore loin du compte.

Une des armes dont dispose la commune, c'est une taxe sur les immeubles inoccupés. Eghezée vient en effet de clarifier son règlement pour qu'on puisse moins l'attaquer en justice.

Sauf qu’avec la montée des prix de l'immobilier, certains propriétaires préfèrent payer la taxe plutôt que de mettre leur logement à disposition.

A priori, à Eghezée, il fait bon vivre. C'est une commune riche, aux portes du Brabant wallon. Mais revers de la médaille : y habiter coûte très cher.

"D’abord, les gens qui travaillent à Bruxelles ont rempli le Brabant wallon. Cela devient inabordable, explique Michel Dubuisson, échevin du Logement et président du CPAS. Donc, les gens reculent de plus en plus pour trouver un logement. Maintenant, les prix dans le nord de Namur deviennent aussi impayables. Les gens sont prêts à mettre des sommes folles, que les gens " du coin " ne peuvent se permettre de mettre."

Certains n'hésitent donc pas à laisser leur bâtiment à l'abandon. Malgré la taxe sur les logements inoccupés. "On essaie de dissuader ces gens de faire de la spéculation. Mais ils ne préfèrent pas. Ils préfèrent même payer la taxe, sans trop rechigner."

Pourtant, la taxe coûte chère, facilement 2 à 3000 euros. Et le système de la carotte ne marche pas non plus. "On essaie justement de leur faire comprendre que la solution de passer par le logement public serait une solution intéressante pour eux, car on a des subsides pour la rénovation. Malheureusement, cela n’incite pas les gens à bouger."

La Ville a donc créé un maximum elle-même du logement social. Mais elle ne sait pas faire de miracles. "On va passer peut-être à un petit 3% de logements sociaux, mais on est encore très loin des 10%. C’est d’ailleurs impossible d’y arriver !"

Le bilan est donc plus que maigre : depuis l'introduction de la taxe en 2010, deux personnes seulement ont mis leur maison inoccupée dans le circuit du logement social.

Précisons qu'en Wallonie, il n'y a qu'une quarantaine de communes (sur 262) qui atteignent les 10% de logements sociaux.

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