Linkebeek: Eric De Bruycker au devant d'un "challenge complexe" selon Damien Thiéry

Eric De Bruycker sera confronté à "un challenge extrêmement complexe pour lui car il va se mettre 80% de la population de sa commune à dos", explique Damien Thiéry.
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Eric De Bruycker sera confronté à "un challenge extrêmement complexe pour lui car il va se mettre 80% de la population de sa commune à dos", explique Damien Thiéry. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

En acceptant d'être nommé bourgmestre de Linkebeek par la ministre flamande des Affaires intérieures Liesbeth Homans, Eric De Bruycker sera confronté à "un challenge extrêmement complexe pour lui car il va se mettre 80% de la population de sa commune à dos, en acceptant le fardeau dont s'est déchargé la ministre Homans", a affirmé le bourgmestre faisant fonction de Linkebeek, Damien Thiéry.

Interrogé par Belga, M. Thiéry s'est interrogé sur les compétences d'Eric De Bruycker dans un contexte tout à fait inédit, rappelant qu'il présidait lui-même le conseil communal.

"Il y a lieu de se demander comment une personne nommée de manière illégitime peut prendre en main une commune à laquelle on ne peut rien reprocher", a ajouté l'actuel bourgmestre faisant fonction.

M. Thiéry s'est refusé par ailleurs à tout commentaire, s'en remettant à la position qu'adoptera le groupe de la majorité francophone appelé à se réunir lundi soir, à 19 heures, avant la réunion du conseil communal.

Un accord sous conditions

Le conseiller communal de l'opposition linkebeekoise Eric De Bruycker a accepté sa nomination comme bourgmestre de Linkebeek par la ministre flamande des Affaires intérieures, mais sous conditions, a indiqué dimanche après-midi le groupe Prolink (2 conseillers communaux sur 15).

Si après un certain temps, il apparaît qu'au sein de la majorité francophone de Linkebeek, il n'y a pas de volonté de collaborer, Eric De Bruycker remettra son mandat en jeu. "Nous ne voulons pas être responsables du non fonctionnement de notre commune", a indiqué Prolink, à l'issue d'une réunion du groupe minoritaire.

Eric De Bruycker s'est par ailleurs dit prêt à faire place nette immédiatement si la majorité francophone propose un autre candidat que Damien Thiéry au poste de bourgmestre.

Mettre fin au carrousel

Liesbeth Homans disait espérer que ce faisant, il serait mis fin au carrousel entourant la nomination du bourgmestre de cette commune à facilités de la périphérie bruxelloise, privée de maïeur depuis 2006.

Pour la ministre, "cette nomination avait été faite dans le respect de la loi et des rapports de forces au niveau local. Yves Ghequière a déclaré le 22 septembre dernier qu''il n'acceptait pas d'endosser la fonction de bourgmestre. Damien Thiéry a en outre indiqué qu'aucun membre de sa liste n'était candidat à la fonction de bourgmestre. Ce faisant, la majorité francophone ne s'est pas seulement placée au dessus de la Loi spéciale, elle a nié à deux reprises la jurisprudence du Conseil d'Etat - le plus haut collège de droit administratif dans le pays", a commenté dimanche la ministre, par voie de communiqué.

Eric De Bruycker est membre de la liste Prolink, dans l'opposition à Linkebeek. Selon la ministre, il prêtera serment lundi devant le gouverneur du Brabant flamand.

La ministre des Affaires intérieures flamandes avait tenté en vain de remplacer Damien Thiéry (MR) par l'échevin indépendant Yves Ghequieremais ce membre de la majorité francophone - qui compte 13 élus sur 15 - avait refusé cette nomination, en plein accord avec son groupe et Damien Thiéry, bourgmestre faisant fonction. Liesbeth Homans avait alors sollicité deux élus flamands pour trouver un nouveau candidat bourgmestre.

Une saga qui dure

La saga de la nomination du bourgmestre de Linkebeek dure depuis des années. Élu depuis 2007, Damien Thiéry, désormais député libéral, avait été présenté comme candidat bourgmestre depuis les élections communales de 2012. Le gouvernement flamand a cependant régulièrement refusé de le nommer.

La ministre N-VA lui reproche d'avoir violé la législation linguistique en envoyant des convocations électorales en français lors du scrutin communal de 2012, comme la commune l'avait déjà fait en 2006.

Le Conseil d’État avait été saisi après les dernières élections, mais Damien Thiéry y a été débouté.

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