Lika et sa famille sont devenus illégaux: la commune de Gesves se mobilise

La demande d'asile de la famille est arrivée à son terme sans succès. Giorgi, Nino, Nikolos et Lika Sharikadze sont désormais considérés comme illégaux et pourraient à tout moment être expulsés.
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La demande d'asile de la famille est arrivée à son terme sans succès. Giorgi, Nino, Nikolos et Lika Sharikadze sont désormais considérés comme illégaux et pourraient à tout moment être expulsés. - © Tous droits réservés

Lika est née en juillet 2010 à Tbilissi, en Géorgie. Mais l'accouchement s'est mal passé et elle en garde une infirmité motrice cérébrale extrêmement handicapante. Elle ne parle pas, ne peut se mouvoir seule ou très difficilement. Elle a bientôt 6 ans et fréquente une école spécialisée. Aujourd'hui elle vit à Gesves, ses parents sont demandeurs d'asile.

Depuis peu, la demande d'asile de la famille est arrivée à son terme sans succès. Giorgi, Nino, Nikolos et Lika Sharikadze sont désormais considérés comme illégaux et pourraient à tout moment être expulsés, après quatre années en Belgique. Un drame pour cette famille qui, au delà d'avoir dû s'adapter, doit faire face à l'handicap de Lika, la fille cadette. Impossible de trouver des services adaptés en Géorgie comme ici en Belgique: "Dans notre pays d'origine, les personnes handicapées sont marginalisées, explique la maman Nino. Dans les institutions, les enfants comme Lika sont mis dans des lits-cages et ne sont jamais stimulés. On les laisse là, à l'abandon". Pas d'école spécialisée, pas d'outillage pour l'aider à se mouvoir, pas de médecin, de logopède, de kinésithérapeute formés pour l'aider et puis aucun traitement pour soulager ses douleurs si ce n'est à un prix exorbitant.

Un exemple d'intégration

Tout le monde dans la commune s'entend pour dire que l'intégration des Sharikadze est remarquable. Nikolos est en deuxième année primaire. Il travaille admirablement selon ses professeurs. Volontaire, il a appris le français rapidement et le maîtrise aussi bien que ses camarades. Toute la famille a un sens social développé et a des amis parmi les Gesvois. Lika, malgré son incapacité à parler, communique volontiers grâce à son expression spontanée. 

La population locale s'est mobilisée pour venir en aide à cette famille. Et fait étonnant, ce sont le bourgmestre et le directeur du CPAS qui ont initié la pétition qu'ils comptent remettre aux autorités compétentes une fois signée par maximum de monde. Il ont bien essayé de sensibiliser le secrétaire d'état à l'asile et à la migration mais Theo Francken n'a pas répondu à leur lettre. L'avenir nous dira si le message citoyen sera entendu!

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