Liège: un "Mur des Libertés" en mémoire des réfugiés espagnols

Liège: un "Mur des Libertés" en mémoire des réfugiés espagnols
Liège: un "Mur des Libertés" en mémoire des réfugiés espagnols - © Alain Delaunois

A Liège, un "Mur des Libertés" vient d'être érigé sur l'esplanade St-Léonard. Il s'agit en fait d'une installation pédagogique et monumentale, réalisée grâce à l'Echevinat de l'art urbain de Michel Firket. Ce mur est placé en mémoire des milliers de réfugiés espagnols qui s'installèrent dans la région liégeoise, après la guerre civile de 1936 et entre les années 50 et 60. Il porte une phrase du poète espagnol Federico Garcia Lorca assassiné par les franquistes: "Dans le drapeau de la liberté j'ai brodé le plus grand amour de ma vie".

"Federico Garcia Lorca était à la fois poète, pianiste, metteur en scène. Il fut assassiné par les franquistes parce qu'il était républicain et homosexuel," explique Manuel Rodriguez Vela, dit Manolo, un des membres du collectif liégeois Génération Lorca. "Cette esplanade est pour nous un symbole: avec ce mur de pierres, et la phrase de ce poète, c'est un message fort que nous voulions faire pour rendre hommage à nos parents, et à tous ces gens qui ont souffert de la dictature de Franco".

L'immigration aujourd'hui

Le mur, au fond de l'esplanade St-Léonard,  d'une vingtaine de mètres de long, a été conçu par les architectes Aloÿs Beguin et Brigitte Massart. Il se complète d'une table-carte d'Espagne en acier, posée au sol, que l'on doit au sculpteur Alain De Clerck. Les lettres de la phrase de Lorca sont également en acier, bleuis au chalumeau. La visée de ce projet est aussi d'évoquer pédagogiquement l'immigration d'aujourd'hui. Selena Carbonero Fernandez est fille et petite-fille d'immigrés espagnols: "Il s'agit aussi d'ouvrir le débat sur les immigrations aujourd'hui parce qu'on vit dans un système qui malheureusement pousse encore des millions de personnes à fuir leur pays. Faire ce sacrifice énorme qui est de quitter sa terre de naissance pour essayer de se construire un avenir meilleur ailleurs, tout simplement". "Aujourd'hui, les immigrés de la 3e génération sont tout à fait intégrés en Belgique", poursuit Manolo. "Et ils sont rejoints à présent par des jeunes Espagnols de leur âge, qui arrivent en Belgique pour faire leurs études ou chercher un travail. C'est malheureusement la même chose qui se reproduit, à cinquante ou soixante ans de distance, et dans toute l'Europe."

Ce "Mur des Libertés" a mis 5 ans pour sortir de terre, et pour la communauté espagnole de Liège, c'est un grand moment d'émotion.

Alain Delaunois

 

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