Liège : rencontre avec une avocate pour enfants

Liège : rencontre avec une avocate pour enfants
Liège : rencontre avec une avocate pour enfants - © Tous droits réservés

Dans le langage courant, on les appelle les avocats d’enfants. Ils défendent en réalité les jeunes, enfants ou adolescents, de moins de 18 ans, devant les tribunaux. Belges et Français, ces avocats sont en ce moment réunis à Liège, pour un grand congrès de deux jours.

Sur le millier d'avocats inscrits au barreau de Liège, une bonne centaine s'impliquent activement dans la défense des enfants et des jeunes. C’est le cas de Cécile Delbrouck, une avocate liégeoise. Le déclic, elle l'a eu il y a un peu plus de vingt ans, dès le début de sa carrière. "L’un des premiers clients que j’ai eu était un jeune de 13 ans. Il venait d’être arrêté parce qu’il avait tué une personne âgée, pour lui voler son argent et s’acheter des Nike et un training", se souvient l’avocate.

Des méthodes différentes pour un public différent

Face à ce jeune "qui ne se rendait pas du tout compte de la portée de son geste", elle comprend une chose : rien ne sert de traiter les jeunes comme des adultes. Il faut s'y prendre autrement : "adapter la mesure au jeune, à son parcours et à sa situation familiale, plutôt qu’à la gravité de l’acte". Une démarche nécessaire, selon elle, pour permettre au mineur de prendre un nouveau départ.

Si les enfants et les jeunes ont des besoins particuliers, il leur faut aussi un avocat qui comprenne bien ces besoins. "Un enfant ne pourrait pas se plaindre de son avocat", fait remarquer Cécile Delbrouck. "S’il n’est pas correctement défendu, il y a des chances pour qu’il ne s’en rende pas compte". D’où l’importance d’avoir des avocats spécialistes du domaine et bien informés. D’ailleurs ces hommes et femmes de loi se forment en permanence aux questions de psychologie, droit de la famille ou droit des enfants. C’est une obligation pour eux.

Des actes de délinquance plus graves mais moins fréquents

En deux décennies, Cécile Delbrouck a vu sa pratique évoluer. "Lorsque j’ai commencé, on avait des faits de petites délinquances comme des vols d’autoradios dans des voitures". Aujourd’hui, les faits sont souvent bien plus grave. "Cela va parfois jusqu’au hold-up, des atteintes assez graves contre des personnes, des faits de mœurs commis sur d’autres mineurs." A présent, ces actes de délinquance sont finalement beaucoup moins nombreux qu’au début de sa carrière, "contrairement à ce que pense l’opinion publique".

Si ces avocats s’occupent effectivement de jeunes délinquants, leur principale préoccupation va en fait vers les jeunes en "danger", victimes de violences ou de maltraitance au sein même de leur famille.

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