Liège: quel avenir pour la piscine et le centre sportif de l'Evêché ?

La piscine du Séminaire de Liège, dans les années 60.
La piscine du Séminaire de Liège, dans les années 60. - © DR

Beaucoup de jeunes étudiants liégeois l'ont fréquentée, jusqu'à sa fermeture en 2005: on l'appelle la piscine de l'Evêché de Liège, elle est désaffectée et est située aux Prémontrés, à deux pas de la bibliothèque des Chiroux.

En fait, il ne s'agit pas que d'une piscine, mais également d'un centre sportif, qui servait encore jusqu'il y a peu à des clubs et des associations sportives locales. Ces bâtiments ont aussi un intérêt architectural, puisqu'ils ont été dessinés dans les années 60 par des architectes du groupe EGAU, qui ont notamment été à la manoeuvre sur de grands projets immobiliers liégeois, comme les tours de Droixhe. Tout le monde n'apprécie pas nécessairement ce type d'architecture, héritière des flamboyantes Golden Sixties. Mais elle appartient indéniablement à l'histoire de l'architecture moderne à Liège.

Une gestion coûteuse

Si l'on parle aujourd'hui de la "piscine de l'Evêché", c'est parce qu'il serait question d'un nouveau projet immobilier à la place de ces anciens bâtiments. Certains architectes et l'association Urbagora mettent en avant la perte de patrimoine qui s'ensuivrait. La piscine de l'Evêché est en fait la piscine du Séminaire de Liège, qui accueillait depuis 1962 de très nombreux séminaristes. Crise de la vocation aidant, le Séminaire de Liège s'est retrouvé avec de moins en moins d'utilisateurs religieux... Et la gestion d'un centre sportif coûtait cher, d'autant plus lorsqu'il fallait envisager de le mettre aux normes communales et régionales de sécurité et d'hygiène. Aujourd'hui, maintenir un ensemble de bâtiments qui ne servent plus à personne n'est plus une priorité, explique l'abbé Alphonse Borras, vicaire général du diocèse de Liège. "Nous n'avons plus les moyens financiers de gérer cette structure, ni la piscine, ni le hall sportif. Nos activités d'encadrement et nos nouvelles missions nécessitent de nouveaux moyens. Nous envisageons donc de fait d'autres projets pour ce site. Mais rien n'est encore défini, tout est à l'examen."

Une possible réhabilitation?

La piscine, que l'on doit à l'équipe de l'architecte Jules Mozin, du groupe EGAU, présente cependant un intérêt architectural souligné par beaucoup... et dont on prend conscience aujourd'hui au Séminaire. Mais l'abbé Borras rappelle que la reprise de gestion de la piscine n'avait déjà pas pu se faire en 2005. "Plusieurs écoles étaient touchées par la fermeture de la piscine. Mais aucune d'entre elles n'était disposée ou n'avait les moyens pour assurer le futur de cette structure, même sous le fait d'une asbl de gestion, qui aurait regroupé plusieurs écoles utilisatrices. Nous ne sommes pas fermés à des discussions, pour autant qu'on prenne en compte le coût financier de ce centre sportif aujourd'hui inutilisable."
C'est certains, le destin de ce patrimoine architectural et son éventuelle réhabilitation pour la collectivité seront à l'agenda des prochains mois.

Alain Delaunois

 

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir