Liège: les travaux de rénovation de la tour cybernétique ont débuté

La tour cybernétique de Nicolas Schöffer à Liège
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La tour cybernétique de Nicolas Schöffer à Liège - © RTBF

Les travaux de rénovation de la tour cybernétique de Liège ont enfin débuté ce 4 mai. Les premières démarches remontent à 2002. La tour est classée comme monument depuis 1997. C'est son inscription sur la liste du patrimoine exceptionnel de Wallonie en 2009 qui a donné au dossier de sa restauration le coup de pouce déterminant.

La tour cybernétique de Liège est une œuvre, haute de 52 mètres, conçue par Nicolas Schöffer, un artiste franco-hongrois, père de l'art cybernétique. Elle a été érigée en 1961 à côté du Palais des Congrès. Mais elle est immobile et muette depuis près de 40 ans. Un dossier de longue haleine commence donc à se concrétiser. Michel Firket, l'échevin liégeois notamment en charge du patrimoine: " Le chantier commence, il commence pour un an, 180 jours ouvrables. Le démontage de la tour sera achevé fin mai. Elle sera remontée, je parle de la structure, déjà en septembre. Et puis le reste, les pales mobiles, les diffuseurs sonores, l’éclairage, le cerveau électronique qui sera évidemment un cerveau d’aujourd’hui, et pas de 1961, tout cela sera mis en place et la tour redeviendra cet objet d’art urbain important, interactif, qui vit avec la ville. "

Ce chantier d'un peu plus de 2 millions d'euros est subventionné par la Wallonie à concurrence de 60 à 95% selon les postes. Il comprend aussi la restauration des toitures-terrasses du Palais des Congrès, juste à côté de la tour, mais aussi le placement de panneaux photovoltaïques sur le toit du bâtiment pour couvrir les besoins énergétiques de l’œuvre.

Une restauration en deux volets

La restauration de la tour cybernétique de Nicolas Schöffer comprendra deux volets. Jean-Yves Eischen, architecte au bureau d’architecture Greisch : " Il y a la partie restauration qui va s’occuper des parties physiques de l’œuvre, donc dans un premier temps et ce qui sera peut-être le plus spectaculaire, c’est qu’on va la démonter entièrement pour être parfaitement restaurée en atelier. Tous les éléments font partie de l’arrêté de classement donc on va essayer de garder le maximum de pièces d’origine. Il y a au sommet de la tour toute une série de bras transversaux avec des éléments mobiles, des éléments lumineux, des éléments qui vont se mettre en animation, tous ces éléments-là vont être également restaurés. Et puis, il y a une partie immatérielle, la tour est appelée à redevenir une espèce d’organisme vivant qui va interagir avec son environnement. Pour créer cette interactivité, Nicolas Schöffer avait utilisé les techniques de son époque. Il est parvenu à rendre une très grande interactivité à la tour avec des techniques qui étaient tout de même assez sommaires par rapport à ce dont nous disposons aujourd’hui. Donc ce qui va se faire aujourd’hui c’est d’augmenter cette interactivité avec son milieu au moyen des techniques actuelles. Par exemple, on va installer des capteurs d’activité dans la ville de Liège, la tour pourra entrer plus ou moins en activité en fonction de l’activité de la ville elle-même. Il y aura un site internet au moyen duquel on pourra déclencher des activités dans la tour. Il y a une borne interactive qui pourrait être placée dans un musée liégeois pour entrer aussi en dialogue avec la tour. La tour, au départ, n’a fonctionné qu’une dizaine d’années. Le but des travaux de restauration actuels c’est vraiment d’apporter des techniques pérennes, par exemple, bien entendu les sources lumineuses qui éclairaient la tour à l’époque vont être remplacées par des sources lumineuses de la génération d’aujourd’hui, évidemment le LED, donc il y a vraiment ici une réflexion pour rester dans l’esprit de l’œuvre de Nicolas Schöffer, mais utiliser pour rendre cet esprit aujourd’hui les techniques dont nous disposons actuellement. "

La cerise sur le gâteau

Cette restauration s'inscrit aussi dans un contexte plus large, toute une partie de Liège est en train de changer de visage. Michel Firket: " L’axe gare-Médiacité se développe pas à pas, je suis très heureux de voir que les étapes se réalisent les unes après les autres, la gare, la place, bientôt l’esplanade, la passerelle va être jetée en travers de la Meuse, va enjamber le parc aussi, et puis élargissement des trottoirs, et du parc d’ailleurs, de l’autre côté, face à la Dérivation, et la piste cyclo-pédestre qui viendra de la gare et ira jusque la piazza de la Médiacité, et on conçoit la tour Nicolas Schöffer comme un peu la cerise sur le gâteau, en plus de sa qualité artistique. "

Martial Giot

 

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