Première mondiale à Liège: une toiture photovoltaïque à partir de bobines d'acier

une des lignes pilote pour acier photopholtaïque
une des lignes pilote pour acier photopholtaïque - © RTBF

Des bobines d'acier photovoltaïques pour bâtir une toiture, c'est la technologie actuellement mise au point par les chercheurs du CRM (centre de recherches métalliques) pour son client Arcelor Mittal. Un projet soutenu financièrement par l'Europe et la Région wallonne. De la recherche appliquée pour laquelle on a construit deux lignes de production pilote au Sart Tilman.

Présentée comme une première mondiale, le projet baptisé "PHOSTER" pourrait révolutionner le marché du photovoltaïque et de la construction. L'idée est de fabriquer une toiture en acier où chaque centimètre carré capterait l'énergie pour la transformer en électricité. Plus légère qu'une structure normale sur laquelle on place les panneaux traditionnels en verre, cette toiture doit également être plus efficace, plus rentable au niveau de la production d'électricité et à coût égal voire moindre que les solutions actuellement proposées. "Dans quelques années, les bâtiments devront être énergiquement autonomes",  explique Renaud Vignal, chef de projet pour Arcelor Mittal.

Le sidérurgique y voit là l'opportunité de développer un nouveau marché pour son acier et une solution également pour ses propres bâtiments industriels. Arcelor Mittal a choisi le CRM group pour passer de la recherche en laboratoire au projet pilote . C'est donc sur les hauteurs du Sart Tilman que le CRM a construit deux lignes pilotes en salle blanche "sans poussière". Un investissement de 2 millions d'euros pour un projet de 5 millions au total.

Des toits en bobines

"Dans cette salle, on produit des bobines d'acier très fins qui sont recouverts d'une couche, pour faire simple, de peinture qui comporte des cellules photovoltaïques", explique Jean Claude Herman, le patron du CRM Group, "on pourra ensuite dérouler ces bobines et découper des morceaux pour en faire des toitures. Tout s'emboîtera "facilement" et la connectique sera également intégrée directement. Il suffira ensuite de raccorder le tout pour produire de l'électricité. Elle pourra même être stockée dans les batteries du futur. Du hall industriel à la maison familiale mais pourquoi pas aussi les abris de jardin par exemple pour recharger les tondeuses-robot etc Le champ d'application est vaste".

Ce seront peut être les toitures du futur. En attendant, les premières bobines pilote sortiront des lignes liégeoises en 2016 pour des tests grandeur nature sur des sites d'Arcelor en 2017. Quant aux débouchés pour la région liégeoise? "Il faut d'abord valider le procédé, c'est beaucoup trop tôt pour parler industrialisation et investissements et si cela se fait, impossible aussi de dire, pour l'instant, si la production sera en tout ou partie en région liégeoise", explique  Renaud Vignal.

Françoise Dubois

 

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