Liège: la grève tournante paralysera toute la province lundi

(de gauche à droite) Jean François Ramquet  et Francis Gomez(FGTB) , Gaetan Stas et Jean Marc Namotte (CSC)
(de gauche à droite) Jean François Ramquet et Francis Gomez(FGTB) , Gaetan Stas et Jean Marc Namotte (CSC) - © rtbf

Après la manifestation du 6 novembre, avant la grève générale prévue le 15 décembre, une nouvelle grève tournante ce lundi. A l'appel du front commun syndical, c'est au tour de la Flandre orientale, de la Flandre occidentale, de la Province de Namur et de celle de Liège d'être touchées. Des trains, aux zonings en passant par l'aéroport, la sidérurgie ou les écoles, les syndicats annoncent une mobilisation sans précédent en région liégeoise.

"Nous organisons une riposte à la hauteur de ce qu'ils essayent de nous faire avaler comme couleuvres". Le président de la FGTB Liège Huy Waremme, Francis Gomez, ne laisse planer aucun doute sur la mobilisation en Province de Liège lundi. Il est à l'unisson avec son collègue de la CSC, Gaetan Stas: "quand on détricote tout, on mène la société belge au chaos social".

Le front commun syndical traditionnel sur Liège se dit plus soudé que jamais contre un gouvernement qui "d'emblée a fermé toutes les portes, a verrouillé la concertation sociale. "C'est pour cela qu'on a agi aussi vite", ajoutent les deux syndicats.

Les raisons de la colère

L'absence de concertation sociale et le passage en force de mesures jugées antisociales justifient aux yeux des syndicats, ce plan d'action qui pourrait d'ailleurs se poursuivre au-delà du 15 décembre "si ces mesures ne sont pas revues en profondeur".

Quelles sont ces mesures? Pour les syndicats, la liste est longue: gel des salaires, inégalité fiscale entre l'impôt sur le travail et celui sur le capital, coupes dans la sécurité sociale, allongement des carrières, fin du crédit temps pour ne citer que quelques-unes. Et puis il y a le fameux saut d'index: "il coutera 20 000 euros au travailleur sur une carrière car un saut d'index ne se rattrape jamais", explique Jean Marc Namotte, secrétaire fédéral de la CSC liège Huy Waremme. Le pouvoir d'achat des plus bas salaires sera touché "une dame qui travaille à temps partiel en titres service qui gagne 800 euros avec un complément chômage de 300 euros se verra raboter ce complément de moitié dans deux ans. C'est la placer dans une situation de pauvreté", explique Gaetan Stas. "Pour l'instant le gouvernement a choisi le jour, l'heure, le menu, le restaurant. On peut juste choisir notre place à table", ajoute de façon imagée Jean François Ramquet secrétaire régional de la FGTB Liège Huy Waremme, "il faut que cela change ".

Ce qui sera bloqué lundi

Lundi, il faut donc s'attendre à de nombreux blocages à commencer par les bus, les trains, l'aéroport de Liège, les zonings des Hauts Sarts, de Grâce Hollogne, de Villers le Bouillet, des Plénesses, de Petit Rechain, d'Eupen et le parc scientifique du Sart Tilman. Côté écoles, la plupart ont déjà averti les parents de la perturbation voire de l'annulation de cours même si des garderies seront assurées. Les hôpitaux fonctionneront au ralenti également.

Côté administrations communales et services publics en général, ce sera dans beaucoup d'endroits portes closes. Les intercommunales seront affectées notamment Intradel et les collectes de déchets. Les syndicats bloqueront également les grands centres commerciaux.

Il ne faut pas s'attendre à recevoir de courrier lundi. Certaines grosses entreprises seront fermées  ou bloquées comme TNT, Spa Monopole, Ethias, Ikéa, Inbev et ce ne sont que des exemples. Enfin, les secteurs traditionnels comme la sidérurgie ou la FN Herstal seront également à l'arrêt.

Françoise Dubois

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