Liège: l'explosion d'un immeuble rue Léopold, c'était il y a 5 ans

Il y a 5 ans un immeuble de la rue Lépolod explose
Il y a 5 ans un immeuble de la rue Lépolod explose - © rtbf.be

Les Liégeois commémorent, en ce début de semaine, le cinquième anniversaire de l'explosion du quartier Léopold. Dans la nuit du 26 au 27 janvier 2010, le gaz a soufflé un immeuble à appartements, tuant quatorze locataires, blessant des dizaines de personnes, et endommageant des maisons plusieurs centaines de mètres aux alentours.

26 janvier 2010, c'est un mardi. La nuit est longue, à l'hôtel de ville. Il est presque deux heures du matin, le conseil communal siège toujours. Soudain, une déflagration secoue un vieil immeuble du voisinage. Les pompiers arrivent rapidement, sauvent quelques rescapés, fouillent les décombres pour tenter d'en sortir quelques survivants, coincés. Mais, à 7h08, la façade de l'immeuble s'effondre.

"A ce moment-là on a envie de rester, on ne veut pas croire que la façade va s'effondrer, explique un pompier. On se dit qu'on va avoir le temps de sortir tout le monde avant que tout ne s'effondre. On voit les gens et on a qu'une seule envie: les sortir"

Le numéro 18 de la rue Léopold n'existe plus. Le bilan est lourd: quatorze morts, des dizaines de liégeois sans logements. Les services sociaux qui se mobilisent et la solidarité qui s’organise.

La rue Léopold 5 ans plus tard

25 janvier 2015, c'est un lundi. Cinq années ont passé. Les plaies urbanistiques ne sont toujours pas cicatrisées. Le projet de reconstruction n'a pas encore abouti, mais le dépôt du permis de bâtir est proche.

La justice, elle, n'a pas encore réussi à désigner un coupable, comme le demande les proches. L'enquête a très rapidement pu écarter l'hypothèse d'un attentat. Les experts n'ont pas trouvé la moindre trace d'explosif. C'est le gaz qu'ils incriminent. Et donc, des négligences. Mais négligences de qui ?

Le propriétaire n'avait peut-être pas procédé à des travaux de mise aux normes, prescrits par les pompiers. Les locataires n'avaient peut-être pas tous des branchements conformes. Les services de salubrité de la ville n'avaient peut-être pas suivi ce dossier de très près. Mais pour départager les responsabilités, il faudrait un procès.

Actuellement, la procédure est bloquée: l'un des spécialistes qui ont signé le rapport de cent douze pages, a précédemment travaillé pour l'administration communale, et cette collaboration s'est mal terminée. Il a peut-être du ressentiment. Sa récusation a été demandée, pour cause de partialité. Elle a été refusée, mais la requête est en cours d'examen, à la cour de cassation. La justice, décidément, n'a pas l'habitude de se hâter.

Michel Gretry

 

 

 

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