Liège: journée de sensibilisation aux gestes qui sauvent

Sur l'esplanade des Guillemins, le public était invité à s'initier aux gestes de réanimation
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Sur l'esplanade des Guillemins, le public était invité à s'initier aux gestes de réanimation - © RTBF - Marc Mélon

A l'initiative du conseil européen de réanimation, une journée de sensibilisation du grand public aux gestes qui sauvent est organisée ce jeudi à Liège. Cet après-midi, entre 14h et 18h, une démonstration se fera à la gare des Guillemins. Marc Mélon a rencontré le Docteur Lucien Bodson, médecin urgentiste, au CHU de Liège.

En quoi consiste cette opération ?

"C'est une initiative de l'European Resuscitation Council. C'est-à-dire le conseil européen de réanimation qui, via sa branche belge (Belgian Resuscitation Council), chaque année, demande aux pays européens d'organiser une journée de sensibilisation du grand public aux gestes qui sauvent. Chaque jour en Europe, l'équivalent de deux avions type jumbo (soit 1000 personnes) sont victimes d'une mort subite. Donc 400.000 par an ! En Belgique, trois dans chaque province chaque jour (11.000 par an pour le pays). Et sans témoins actifs, il n'y a que 5 à 7% de chances de survie.

La Ville de Liège et le CHU de Liège ont donc décidé d'organiser ce 16 octobre, de 14h à 18h, une démonstration dans un lieu bien connu et très fréquenté : la gare des Guillemins.

On sait que les conférences attirent peu de gens et que ceux qui y assistent mémorisent peu ou mal ce qui s'est dit. Nous essayons donc, de façon originale, de faire passer le message très simplement et ... en musique, afin qu'il reste incrusté dans tous les esprits.

Le videoclip "112 garde la cadence", accessible par Youtube ( http://www.youtube.com/watch?v=Nkt0Hz4RZfw ), passera en boucle sur grands écrans tout l'après-midi.

Dix instructeurs permettront à tout qui le souhaite, en 3 minutes chrono, d'apprendre à téléphoner au 112 (que dire) et à comprimer un thorax (mannequin) à bonne cadence.

Diverses personnalités seront présentes et apprendront ces gestes simples mais très précieux."

Le but est de sensibiliser un maximum de personnes ?

"Oui, car les premiers témoins d'un arrêt cardiaque sont ceux qui, en fait, peuvent réellement faire pencher la balance entre mort et survie. En cas d'arrêt du cœur, on perd 10% de chances de survie à chaque minute. Donc après 10 minutes, si on ne fait rien, les chances de survie sont quasi nulles. En revanche, on peut garder quelqu'un en vie pendant plus d' une heure facilement en réalisant les gestes adéquats.

Nous essayons actuellement de pousser les autorités à imposer un cours obligatoire de "gestes qui sauvent" chaque année d'étude secondaire. L'école reste le passage obligé qui touche tout le monde."

Pour réanimer de manière efficace, faut-il avoir des aptitudes particulières ?

"Non, et c'est un message important. Toute personne normale peut téléphoner, comprimer un thorax et utiliser un défibrillateur automatique.

A l'heure actuelle, rares sont ceux qui ne possèdent pas un gsm et le numéro d'appel 112 est gratuit. Il est valable dans toute l'Europe. L'opérateur 112 pourra aussi vous guider dans les gestes à appliquer tout en vous envoyant les secours adéquats (si vous avez bien dit où vous vous situez évidemment).

Comprimer un thorax peut être fatiguant mais quand on se relaye à deux ou trois, toutes les deux minutes, on peut tenir très longtemps. Et il faut continuer NON STOP jusqu'à l'arrivée des secours professionnels (en moyenne 10 minutes en Belgique).

On ne demande plus à l'heure actuelle de faire du bouche-à-bouche comme enseigné il y a quelques années. Plusieurs études ont montré que les compressions thoraciques sont prioritaires dans les premières minutes."

Faut-il utiliser un matériel spécifique ?

"Un gsm ou un téléphone fixe pour le 112 et ses deux mains pour comprimer le thorax à une cadence de 100 à 120 par minute (112 si vous ne voulez pas mémoriser trop de chiffres).

Si un défibrillateur est disponible rapidement (endéans la minute s'il faut aller le chercher soi-même), il faut l'utiliser. Depuis 2006, en Belgique, n'importe qui a le droit d' utiliser cet appareil sans même avoir reçu une formation. C'est très simple et sans danger.

Dès qu'on le met en marche, l'appareil vous dit ce qu'il faut faire. Il suffit d'écouter et exécuter les consignes. Mais en l'absence de défibrillateur, le 112 et le massage cardiaque augmentent déjà très significativement les chances de survie."

Quelles sont les chances de survie pour une personne victime d'un arrêt cardiaque prise en charge immédiatement par des citoyens sensibles aux premiers gestes ?

"Globalement, une sur quatre sans défibrillateur, une sur deux si on utilise le défibrillateur. Il y aura toujours hélas des situations ou toute réanimation, même médicale immédiate, sera au-delà des possibilités de récupération.
Sans gestes portés par des témoins immédiats, les chances de survie ne sont que de plus ou moins une sur 20.

Les deux erreurs à ne pas commettre : ne rien faire et ne pas utiliser un défibrillateur qui serait rapidement accessible !"

Propos recueillis par Marc Mélon

Un action de sensibilisation avait lieu à la gare centrale à Bruxelles

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