Liège: expo "Cobra et après"... Surtout après. Une supercherie culturelle?

Liège: Jean-Christophe Hubert, commissaire de l'expo "Cobra et après" au Grand Curtius
Liège: Jean-Christophe Hubert, commissaire de l'expo "Cobra et après" au Grand Curtius - © Tous droits réservés

A Liège, c'est aujourd'hui que débute l'exposition "Cobra et après..." au Grand Curtius. "Cobra" pour Copenhague, Bruxelles et Amsterdam, du nom des 3 villes dont sont originaires la plupart des artistes de ce mouvement important dans l'art du 20e siècle. Ce groupe d'avant-garde à l'époque a réuni Christian Dotremont, Pierre Alechinsky, Karel Appel, Corneille ou Asger Jorn. Entre 1949 et 1951, Cobra rime avec spontaneité. Le mouvement défend l'art comme langage universel, naïf et primitif. Si personne ne remet en cause l'intérêt d'une exposition sur Cobra, certains critiquent lourdement son concepteur, un commissaire privé. Et évoquent même une supercherie culturelle. 

"Tout le monde connait le caractère plus commercial que culturel et scientifique de ce type d'expo"

Sur les 120 oeuvres de l'exposition "Cobra et après", une vingtaine à peine datent réellement des 3 années de la période Cobra. Mais aucune oeuvre majeure n'y figure. Et les deux plus intéressantes appartiennent à la ville de Liège. Si l'idée d'un parcours chronologique a du sens, l'accrochage est sans imagination et les panneaux explicatifs sommaires. Le conseiller communal liégeois MR de l'opposition, Pierre Gilissen n'est pas tendre envers le concepteur de l'expo: "tout le monde connait le caractère plus commercial que culturel ou scientifique de ce genre d'exposition. Ici, on vous présente une exposition Cobra, une exposition Alechinsky comme si vous alliez voir les pièces essentielles de l'artiste, ce qui ne sera évidemment pas le cas. Et je considère qu'il est tout à fait anormal de présenter ce type d'expositions dans nos musées."

"Ce sont des privés qui ont investi dans l'exposition et ils espèrent être justement rémunérés"

Faut-il parler ici de tromperie culturelle? Le commissaire de l'expo Jean-Christophe Hubert, s'en défend. Selon lui, les oeuvres ont été présentées dans les plus grands musées européens et certaines proviennent de collections privées prestigieuses. "Cette exposition fait appel à un partenariat ville-privé et n'a pas reçu de subsides. Donc il faut imaginer que ce sont des privés qui ont investi entièrement dans cette exposition et qu'ils espèrent le succès pour être justement rémunérés. Nous ne sommes pas dans un exposition qui a un budget d'un million d'euros. Pas du tout. Ce sont des privés, des historiens de l'art qui essaient de promouvoir l'art et je pense qu'il faut le souligner plutôt que le critiquer." Prix d'entrée annoncé: 12 euros.

"Les expositions peuvent avoir différents niveaux d'ambition"

Pour l'échevin liégeois de la culture, Jean-Pierre Hupkens, les expositions peuvent avoir différents niveaux d'ambition. "Il est clair qu'on n'est pas ici dans la catégorie de l'exposition autour de la collection du grand-père d'Anne Sinclair que nous allons bientôt accueillir à La Boverie. Il doit y avoir des expositions de toutes tailles et de toutes natures." L'expo "Cobra et après" est ouverte jusqu'au 15 janvier au Grand Curtius .

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