Liège: deux médecins poursuivis pour homicide involontaire

L’hôpital de la Citadelle à Liège.
L’hôpital de la Citadelle à Liège. - © Google Street View

Le tribunal correctionnel de Liège a entamé ce mardi l'examen d'une affaire d'homicide involontaire à charge de 2 médecins. Ces 2 médecins, 2 jeunes femmes, affectées aux urgences de la Citadelle de Liège, avaient refusé d'hospitaliser le jeune Anthony, âgé de 16 ans, qui se plaignait d'une douloureuse crise d'asthme. L'adolescent en est mort. Les faits datent de novembre 2005. Mais selon sa famille, l'équipe médicale a sous estimé la situation.

C'est un véritable chemin de croix que le jeune Anthony et ses parents ont effectué cette nuit-là. En pleine crise d'asthme, l'adolescent est dans un premier temps pris en charge à l'hôpital le plus proche de son domicile.

Rentré chez lui, la crise reprend de plus belle. Ses parents le conduisent alors aux urgences du centre hospitalier régional de la Citadelle à Liège. A deux reprises. Mais à chaque fois, les médecins urgentistes qui l'examinent ne le prennent pas au sérieux et malgré les demandes d'hospitalisation du jeune homme, il est systématiquement remballé chez lui. Les parents se tournent alors vers le médecin de garde qui, débordé, ne se déplacera pas non plus.

En soirée, Anthony sombre dans le coma, est transporté d'urgence à la Citadelle où il décède une semaine plus tard. A l'époque, la direction de l'hôpital reconnaît la négligence coupable des médecins. Mais aujourd'hui, elle se montre prudente et rappelle que l'hôpital a été traumatisé par cette affaire.

"Je veux qu'on reconnaisse qu'elles se sont trompées"

Le tribunal correctionnel de Liège n'entamera l'examen des faits proprement dits que le 13 novembre. Mais pour la famille de l'adolescent décédé comme pour les prévenus, il était temps que ce procès débute enfin. Sept ans, c'est long, comme le confie Louis Corvers, le père d'Anthony: "C'est très long, il y a toujours des souvenirs à ressasser. Ce que j'attends du procès, c'est une reconnaissance parce qu'elles n'ont pas écouté le gamin, elles ne l'ont pas entendu. Elles ont fait ce qui leur semblait peut-être bon, ça je n'en sais rien. Moi je dis qu'elles n'ont pas fait leur boulot. Je veux qu'on reconnaisse qu'elles se sont trompées".

Ce mardi, le médecin chef de service des urgences de l'hôpital de la Citadelle a longuement détaillé au tribunal l'organisation complexe de son service. Les processus décisionnels qui y sont d'application. Les différences de formations et de compétences entre les médecins qui y travaillent.

Le tribunal a aussi entendu le maître de stage d'une de deux prévenues qui était alors assistante-spécialiste. Son maître de stage, chef du service gastro-entérologie, a estimé qu'elle avait administré le bon traitement. Il a toutefois estimé que si une hospitalisation n'était pas indispensable, elle aurait pu être utile. Une analyse rétrospective, puisqu'il n'était pas présent.

Les deux médecins prévenues devraient pouvoir donner leur version des faits mardi prochain.

 

M. Giot, P. Scheffers

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