Trilogiport à Liège: 2000 emplois pourraient être créés d'ici 2015

Liège: coup d'envoi du chantier du Trilogiport.
Liège: coup d'envoi du chantier du Trilogiport. - © Trilogiport.com, PAL-Experience Image

Après plus de huit ans d'attente, le chantier du Trilogiport en région liégeoise (Hermalle-sous-Argenteau) vient de démarrer. Il s'agit de transformer 120 hectares situés entre la Meuse et le Canal Albert en une plateforme trimodale, eau-rail-route. Des centaines d'emplois directs seront générés par cette activité, jusqu'à 2000 selon ses promoteurs. Les premiers travailleurs sont attendus pour fin 2015 ... mais des formations spécifiques sont déjà mises en place.

Le premier coup de pelleteuse a été donné ce vendredi matin sur le futur site du Trilogiport à Hermalle-sous-Argenteau. Pour toute la région, il représente l'espoir d'un renouveau économique. 2000 emplois pourraient être créés d'ici 2015 dans cet immense plateforme de transports de marchandises. Reste à trouver les bons candidats. "On se rend compte que le profil des gens ne correspond pas forcément à ce qui est demandé par les entreprises en termes de qualification" explique Benjamin Blaise, de l'ASBL Basse-Meuse développement. "C'est un travail qui ne peut donc évidemment pas se faire en un mois ou en six mois. C'est un travail de longue haleine".

Conducteurs de poids lourds, dispatcheurs, magasiniers ou caristes seront les principaux métiers recherchés. Au centre de compétence logistique du Forem, on a tenté de définir les contours d'une formation idéale: "Nous avons mené des études sur d'autres zones portuaires afin d'identifier les métiers auxquels nous allons devoir répondre" souligne Justo Sanchez, formateur. "Et nous avons construit notre offre de formation sur les métiers que nous avons identifiés. Le centre se prépare bien sûr à pouvoir accroître son volume de formation".

Du côté des demandeurs d'emplois, on veut être prêt à accueillir les dizaines de milliers de conteneurs promis à Liège. Le problème est que l'attente pourrait sembler interminable pour eux puisque le démarrage des activités est prévu dans plus de 2 ans.

Un chantier en deux phases

Le chantier, qui a débuté ce vendredi, se déroulera en deux phases: d'abord, la construction de la plateforme proprement dite. Cela devrait prendre 1 an et coûter 23 millions et demi d'euros. Ensuite, la réalisation de l'accès routier au site. Un chantier qui devrait débuter à l'automne et coûter lui aussi un vingtaine de millions d'euros.

"L'idée avec un projet tel que celui-là, c'est de faire basculer à terme toute une série du trafic qui aujourd'hui est sur nos autoroutes vers la voie d'eau" explique Carlo Di Antonio, Ministre wallon des travaux publics. "La position est stratégique. Les possibilités de passer de la voie d'eau à la voie ferrée, à la voie routière, c'est vraiment toute l'opportunité de ce site".

C'est le Port Autonome de Liège qui assurera la gestion de ce Trilogiport, planté sur cette autoroute fluviale qu'est le canal Albert, en relation directe avec Anvers et Rotterdam.

Du côté des riverains, on ne désarme pas

Sur place, les riverains, eux, ne décollèrent pas et ne désarment pas. Ils craignent pour leur santé. Leur principale inquiétude: la pollution atmosphérique générée par le charroi des camions venus décharger leurs marchandises. Henri Fastré est président d'un comité qui regroupe une centaine de riverains. Il a fait le compte: "900 à 1000 camions par jour, autrement dit entre 1800 à 2000 passages. Ça fait donc 900 pots d'échappement, et vu la configuration,  beaucoup de particules vont être émises car on aura beaucoup de freins, beaucoup d'accélérations et des camions chargés, ça consomme beaucoup plus!".

Deux recours en annulation sont d'ailleurs toujours pendant au Conseil d’État contre l'aménagement de la plateforme et contre celui des voiries. Un recours a également été introduit devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour violation du droit à la vie privée et familiale, un principe qui inclut notamment le droit de vivre dans un environnement sain.

 

M. Hildesheim

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK