Liège : casseurs, vitrines saccagées… le premier bilan fait état de 9 personnes hospitalisées, dont 5 policiers

Ce samedi, une manifestation Black Lives Matter devait avoir lieu, ce samedi après-midi, dans le centre de Liège entre la Place de la République française et la place Saint-Lambert. L’objectif était de manifester suite à l’arrestation musclée d’une jeune femme qui s’était déroulée lundi dernier et avait suscité l’émoi après la diffusion de la vidéo sur les réseaux sociaux.

Mais près de 200 casseurs semblent s’être infiltrés dans le cortège. La situation a dégénéré ce samedi après-midi, comme le confirment plusieurs médias. Selon nos équipes sur place, un policier a été pris à partie par quelques individus. Selon SudPresse, il serait actuellement à l’hôpital.

Un motard de la police de Liège a été pris à partie par des manifestants, place Saint-Lambert dans le centre-ville de Liège. Les casseurs ont également saccagé le fast-food Mc Donald situé place de la République Française, à quelques mètres de là.

Une arroseuse et des pelotons de maintien d’ordre, prévus au cas où des incidents auraient lieu, se sont rendus sur place. Vers 16h00, le commissariat de Liège-Centre, situé rue de la Régence, a été caillassé, tout comme plusieurs véhicules de police situés dans les alentours. Selon la police de Liège, il s’agit de jeunes qui cherchent l’affrontement. Ils se déplacent en groupe et très rapidement.

Plusieurs vitrines de magasins ont été saccagées. Sur certaines images diffusées sur les réseaux sociaux, les policiers ont violemment pris à partie avec des jets de projectiles.

Les exactions se sont déroulées principalement sur la place Saint-Lambert.

Vers 16h45, la police a commencé à employer le canon à eau pour disperser la foule. En fin d’après-midi, la police a fait usage de gaz lacrymogènes contre les casseurs. Des pavés, des panneaux de signalisation, des chaussures et des bouteilles de verre sont lancés par les fauteurs de troubles en direction du cordon policier établi autour de la place Saint-Lambert. L’hôtel de ville a également fait l’objet de jet de pavés.

Toujours cet après-midi, l’une des équipes de la RTBF a été prise à partie par des casseurs La journaliste se trouvait dans une voiture siglée RTBF qui a été encerclée. Plusieurs hommes équipés de pavés et de barres de fer voulaient visiblement empêcher les équipes de filmer.

À la base, une protestation contre une arrestation "musclée"

À l’origine, cette manifestation était organisée aujourd’hui pour protester contre l’arrestation judiciaire d’une femme d’origine africaine, une arrestation " musclée ", selon certains. Les faits se sont passés lundi, sur la place Saint-Lambert. Filmée, plaquée, au sol, la vidéo avait fait le tour des réseaux sociaux. La victime a depuis déposé plainte au contrôle interne de la police de Liège, se disant victime de violence policière.

Les circonstances de cette arrestation ne sont pas connues, la police de Liège a refusé de commenter une affaire en cours. Elle s’est contentée de rappeler que "interférer dans une intervention de police ne facilite pas le travail des policiers, injurier un policier est un outrage à agent et peut faire l’objet d’un PV, frapper ou mordre un policier est une rébellion et fait l’objet d’une arrestation judiciaire, le citoyen a le devoir d’obtempérer aux injonctions du policier et doit donc présenter sa pièce d’identité si elle lui est demandée."

"J’ai moi-même été très choqué par les images de cette arrestation"

Pour calmer la tension, le bourgmestre de Liège, Wily Demeyer, avait rencontré ce vendredi soir autour d’une même table, le chef de corps de la police locale de Liège et des représentants des communautés de citoyens d’origine congolaise et subsaharienne. "Nous avons été amenés à expliquer un certain nombre d’éléments, sans rentrer dans les détails puisque le parquet est en charge de l’enquête en cours", précise le bourgmestre. "J’ai été moi-même choqué par ces images, je ne vous le cache pas", confesse M. Demeyer. Le bourgmestre de Liège n’exclut pas d’organiser pour les agents des forces de l’ordre des formations pour que "certaines choses n’arrivent plus."

Au micro de Eric Destiné en direct du JT de 19H30, il témoigne sur les évènements du jour. "Tout d’abord, en ce qui concerne le malheureux fait de lundi, il y a un dossier judiciaire qui est en cours. Nous avons encore rencontré la communauté liégeoise subsaharienne hier soir et une manifestation qui a rassemblé quelques dizaines de personnes s’est déroulée en début d’après-midi. A la fin de cette manifestation, une centaine de jeunes sont apparus subitement et c’est là que l’émeute a démarré. On avait prévu un dispositif important qui a été mis en difficulté". Avant d’ajouter, qu’il a le sentiment que le malheureux fait de lundi, par rapport aux pillages et casseurs, sert de prétexte.

En début de soirée, le calme est revenu progressivement sur la place Saint-Lambert à Liège. Le premier bilan des violences qui ont éclaté samedi après-midi dans le centre-ville de Liège fait état de neuf personnes hospitalisées, dont cinq policiers, indique samedi soir la police de Liège.

 

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