Liège: 9 Belges ont reçu à titre posthume la médaille de "Justes parmi les Nations"

Liège: Neuf Belges ont reçu à titre posthume la médaille de "Justes parmi les Nations".
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Liège: Neuf Belges ont reçu à titre posthume la médaille de "Justes parmi les Nations". - © RTBF/DR

L'Université de Liège et l'Ambassade d'Israël en Belgique ont organisé, à Liège, une cérémonie d'hommage aux citoyens de la région qui ont risqué leur vie pour aider des Juifs durant la Seconde guerre mondiale. Neuf Belges, hommes et femmes, ont ainsi reçu à titre posthume la médaille de "Justes parmi les Nations". Une cérémonie prévue de longue date, mais qui, après l'attentat terroriste au Musée juif de Bruxelles samedi dernier, revêtait un caractère particulier d'émotion et de sécurité.

Le niveau de menace était au niveau 4, le niveau maximal. La présence policière habituelle avait été renforcée, et la sécurité assurée de manière à prévenir tout risque. Deux cents personnes, dont quatre "sauvés" toujours en vie, étaient invités à cette cérémonie, présidée par le vice-recteur de l'Université de Liège Albert Corhay, et l'ambassadeur d'Israël à Bruxelles Jacques Révah. Trois couples, une religieuse, et deux femmes, aujourd'hui tous décédés, ont reçu le titre de "Justes parmi les Nations" pour avoir aidé à sauver des Juifs durant la Seconde guerre.

Des témoignages des survivants ont ponctué cette cérémonie

"J'avais trois ans à l'époque et nous avons été placés à l'hôpital de Bavière où une infirmière, Marthe Bontemps, nous cachait, explique Ida Flakss, une des survivantes juives. Lorsqu'il y avait des visites, nous étions séparés et cachés ailleurs dans l'hôpital, pour que la Gestapo ne vienne pas nous arrêter". Laurence Deval est la petite-fille de Marthe Bontemps. "Nous devons prendre exemple sur ce que nos grand-parents ont accompli, alors que notre époque malheureusement voit le retour de la haine."

Les "Justes" honorés sont plusieurs Belges qui ont courageusement pris le risque de cacher des Juifs.Il s'agit de Marthe Bontemps, Sœur Michaël (Augustine Emonet), Georges et Rose Fontaine, Emile et Adèle Forthomme, Joseph et Emilie Grétry, Maria Misson.

Le drame de l'attentat de Bruxelles

Idel Bude avait 9 ans en 1940. Avec son frère Jacob et sa soeur Esther, il faisait partie d'un groupe d'enfants d'abord confiés et cachés à l'orphelinat Cockerill de Seraing. Ensuite, tous les trois furent cachés successivement par les familles Forthomme, Fontaine et Gretry. Comme Idel l'explique aujourd'hui, l'attentat terroriste au Musée juif de Bruxelles le 24 mai l'inquiète profondément. "Je suis très fier de voir tant de monde qui apprécie la communauté juive. Mais je suis terriblement triste et et horrifié de voir ce qui s'est passé au Musée de Bruxelles. Qu'on puisse se présenter dans un musée et assassiner des personnes qui visitent une exposition est épouvantable". Après la guerre, Idel Bude a exercé le métier de tailleur dans différents commerces et entreprises de la région liégeoise. Pour remonter sur les traces de son passé, il a fait appel aux Territoires de la Mémoire. "Grâce à eux, j'ai eu accès à des documents, des informations, des contacts... Une initiative comme celle des Territoires est essentielle, et pour les plus jeunes aussi."

Il y eut de nombreux Belges qui aidèrent des Juifs sous l'Occupation. Mais les années et les générations passant, ils ne pourront jamais être tous reconnus. En honorant ces neuf citoyens belges, c'est à tous les Justes, connus et méconnus, qu'un hommage est rendu. La cérémonie s'est déroulée sans incident, mais a nécessité une très haute surveillance policière. Des représentants des différents partis politiques, comme Willy Demeyer (PS), Daniel Bacquelaine (MR), Muriel Gerkens (Ecolo), Michel de Lamotte (cdH) assistaient à la cérémonie.

Alain Delaunois

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