Les trottinettes électriques en libre-service, ce n'est pas que pour les grandes villes

Wavre et Braine-l'Alleud ne veulent en tout cas pas de trottinettes abandonnées n'importe où, comme à Bruxelles
Wavre et Braine-l'Alleud ne veulent en tout cas pas de trottinettes abandonnées n'importe où, comme à Bruxelles - © JOEL SAGET - AFP

Elles font désormais partie du paysage des grandes villes comme Bruxelles ou Namur : les trottinettes électriques en libre-service ont-elles leur place également dans les villes, plus petites, du Brabant wallon ? Elles ont en tout cas déjà fait leur apparition dans le centre piétonnier de Louvain-la-Neuve l’an dernier, où elles séduisent le public étudiant.

Mais les autres villes de la province sont-elles prêtes à les voir circuler dans leurs rues ? Et surtout, y sont-elles adaptées ? "Je pense que toutes les villes sont, à leur manière, sujettes à des problèmes de mobilité, répond Justin Courtois, fondateur de la société Axio, qui a équipé Louvain-la-Neuve. J’essaie de voir les choses d’une manière différente de la concurrence, qui arrive avec une flotte d’une centaine de trottinettes, voire plus, du jour au lendemain. Je pense qu’il faut d’abord se demander comment adapter le système à la ville plutôt que de voir si la ville est adaptée au système".

Wavre intéressée, mais pas par le free floating

Le jeune entrepreneur a ainsi déjà frappé à la porte de la ville de Wavre, où il a reçu un accueil très intéressé. "Ce n’est encore qu’un projet, mais nous y réfléchissons sérieusement", indique l’échevin de la Mobilité, Paul Brasseur. Wavre est en effet à la recherche de solutions pour désengorger son centre-ville, mais aussi pour faciliter les déplacements dans le zoning nord.

L’option "trottinettes" pourrait répondre à cette demande, à condition de ne pas reproduire le modèle bruxellois. "Nous ne voulons pas de trottinettes abandonnées un peu partout en ville. Le principe du free floating qui fonctionne à Bruxelles ne nous intéresse pas pour Wavre. Nous sommes intéressés par un système où l’on peut ranger les trottinettes dans des stations fixes", précise-t-il. Pas question non plus pour la ville de laisser rouler ces engins n’importe où, comme sur les trottoirs. "Les piétons doivent rester prioritaires et pouvoir circuler en toute sécurité", insiste l’échevin.

Adapter d'abord l'infrastructure

Le même type de réflexion est menée en ce moment à Braine-l'Alleud. "La demande est importante pour les modes doux, confirme l'échevin brainois de la Mobilité, Henry De Tandt. Mais avant d'organiser quoi que ce soit, il faut d'abord une infrastructure adaptée de pistes cyclables qui relient les différents pôles de la ville, et permettent de rouler à plus de 6km/heure, qui est la vitesse maximale autorisée sur les trottoirs".

Des contacts ont déjà été entamés avec des sociétés qui proposent des trottinettes ou vélos partagés, avec une préférence pour celles qui proposent des stations. Ici aussi, l'expérience bruxelloise n'a pas eu bonne presse. Mais d'autres villes comme Nivelles ou Waterloo estiment que la configuration des lieux n'est pas adaptée à cette pratique. "Les distances à parcourir entre les deux pôles du centre-ville que sont la gare et la Grand-Place sont trop courtes pour implanter une flotte de trottinettes électriques", regrette le bourgmestre de Nivelles, Pierre Huart.

Nivelles et Waterloo ne se disent pas complètement fermées à ce nouveau mode de mobilité urbain pour autant. Elles se disent prêtes à rencontrer les responsables des sociétés qui louent ces engins. Mais elles sont plus demandeuses, à l’heure actuelle, de stations de voitures partagées que de trottinettes.

 

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