Les travailleurs sociaux de rue submergés par la seconde vague : "Nos équipes sont en train de lâcher"

Image d'illustration/Des membres du Samu social rencontrent un SDF dans une rue de Bruxelles, le 26 mars 2020
Image d'illustration/Des membres du Samu social rencontrent un SDF dans une rue de Bruxelles, le 26 mars 2020 - © Kenzo TRIBOUILLARD

Ceux qui sont au contact des plus défavorisés, des toxicomanes, des jeunes, des prostituées, … ont affaire à une situation inédite. Au même titre que le personnel hospitalier, les travailleurs sociaux de rue subissent cette deuxième vague de plein fouet. "Avec la crise sanitaire, les demandes de soins de santé ont nettement augmenté", explique Christopher Collin, le directeur de l’ASBL Dune, dont la mission est de venir en aide aux toxicomanes dans les rues bruxelloises. "Nous soignons littéralement des blessures de guerre. Les personnes que nous aidons ne sont plus prises en charge par les hôpitaux."

Le personnel de l’ASBL est confronté également à des situations violentes de plus en plus fréquentes. "Nos équipes ressentent la tension ambiante. Le public précarisé est fortement fragilisé par la situation. Cela crée des situations de violence extrêmement compliquées à contenir pour nos travailleurs. Les équipes sont en train de lâcher. Il faut qu’on trouve des solutions pour diminuer cette pression", conclut Christopher Collin.

Se réinventer pour garder le lien avec les jeunes

Cette pression est moins intense pour les éducateurs de rue, ces travailleurs en contact direct avec les jeunes. Ils ont toutefois dû réinventer leur façon de procéder pour continuer leur mission d’accompagnement. Pendant le confinement ou les couvre-feux, les adolescents en difficulté restent souvent chez eux et ont peu de contacts avec la société. "On a dû s’adapter sur les réseaux sociaux. Pendant le confinement, on a fait des tournées de quartier à vélo pour garder les distances. On a essayé d’être créatif pour ne pas laisser tomber ceux qui en avaient le plus besoin", raconte Sébastien Hertsens, le directeur de l’AMO Dynamo. En effet, les problèmes pour les jeunes de 14 à 25 ans se sont parfois complexifiés, "surtout ceux en lien avec la scolarité", tient à souligner Djibril, éducateur de rue depuis 4 ans. "Certains jeunes n’ont pas l’habitude de travailler depuis la maison. Ils ont besoin vraiment d’un encadrement rapproché ".

Un webinaire international pour échanger les bonnes pratiques

Si un nouveau confinement devait être décrété en Belgique, ces travailleurs de rue continueraient leur travail pour venir en aide à leur public. Tout au long de cette semaine un séminaire virtuel a été organisé par Dynamo International. Il rassemblait les travailleurs sociaux d’une cinquantaine de pays. L’objectif est d’échanger des conseils et des bons procédés afin de gérer au mieux la crise sanitaire.

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