Les tortues de Floride s'installent dans les étangs bruxellois

Tortues de Floride dans un étang bruxellois
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Tortues de Floride dans un étang bruxellois - © Renaud TIETERICKX

Elles sont discrètes et les promeneurs doivent faire preuve d'obstination pour les observer. Pourtant, elles sont bien là. La présence des tortues de Floride est avérée dans de nombreux étangs bruxellois. Et cela inquiète les défenseurs de la faune indigène.

Depuis le ponton de bois du parc Bergoje à Auderghem, il est facile d'observer les tortues qui nagent à quelques mètres de la berge. Leur taille atteint 25 centimètres et une famille de promeneurs s'émerveille : c'est la première fois qu'ils peuvent les voir évoluer de si près. Les enfants s'esclaffent : des tortues, c'est plus étonnant que les canards ou des grenouilles.

Étonnant ? Pas vraiment !

Pour Nadège Pineau, de la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (LRBPO), cette présence n'est pas surprenante. Depuis des années, on constate que les propriétaires de petites tortues aquatiques, les relâchent dans la nature quand leur taille devient trop imposante. Elles s'adaptent parfaitement à la vie en étangs et y trouvent toute la nourriture dont elles ont besoin : œufs de batraciens, poissons ou oisillons. Ces tortues sont omnivores. Certains ont rapporté avoir vu des petits canetons se faire littéralement happés sous la surface de l’eau.

Les conséquences sont inquiétantes pour la faune des étangs désormais habités par les tortues de Floride. Les populations de grenouilles ou de salamandres disparaissent... Ne restent que les tortues d'eau.

Préférer l'abandon en refuge

Mais alors que faire si le propriétaire d'une tortue ne peut plus s'en occuper ? Pour Nadège Pineau, responsable du centre de revalidation pour la faune sauvage de la LRBPO, mieux vaut alors abandonner votre tortue en refuge que la relâcher dans un étang.

Nadège nous montre alors les aquariums du refuge : une dizaine de tortues y attendent d'être adoptées. Mais les candidats à l'adoption ne sont pas nombreux. "Il faut une pièce d'eau disponible et accepter l'idée de ne plus y voir de batraciens ou de poissons".

L'idéal est encore de ne plus acquérir de jeunes tortues de Floride. Certaines espèces (dont celle à "joue rouge") sont désormais interdites à la vente. Quant à celles qui vivent déjà dans nos parcs, elles sont à terme condamnées... Les températures sous nos climats empêchent toute reproduction de l'espèce en milieu naturel.

Véronique Fievet

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