Les syndicats peuvent-ils faire plier Lakshmi Mittal ?

Le haut-fourneau d'Ougrée sera-t-il un jour relancé?
Le haut-fourneau d'Ougrée sera-t-il un jour relancé? - © Belga

10 000 citoyens solidaires se sont assemblés mercredi sur la place communale de Seraing, à l’appel des syndicats. Les inquiétudes, elles, restent pourtant bien présentes. Et la fermeture de la phase à chaud une réalité. Les travailleurs espèrent toutefois faire plier Mittal et redonner une chance de survie à la sidérurgie intégrée liégeoise. Après le rassemblement de mercredi, ont-ils plus de chances d'y arriver ?

Comme toutes les entreprises, ArcelorMittal dispose d'une revue de presse interne. Il est donc plus que probable que la haute direction du groupe ait entendu parler de la mobilisation de ce mercredi matin.

Les syndicats savent pourtant que cela ne suffira pas. Ils ont déjà programmé de manifester à Bruxelles et de mobiliser à l'échelle européenne. Ce qui arrive à Liège, ont-ils expliqué à leurs collègues, pend au nez de tous les sidérurgistes européens.

La procédure Renault peut durer de longs mois, les organisations ont tout le temps de taquiner Mittal là où ça fait mal : sur sa réputation.

Dans toute sa carrière, des sites de production, Lakshmi Mittal en a bel et bien fermé. Irish Steel en Irlande et une partie de Gandrange en France, et cela malgré les appels à la mobilisation.

Lakshmi Mittal est revenu sur une fermeture - celle de la phase liquide de Liège - mais cette décision n'avait pas été prise par lui. Il avait relancé Liège dans un contexte économique excellent. Mais aujourd'hui, l'acier se vend mal et cela va durer. Maintenir Liège à l'arrêt temporaire coûte cinq millions d'euros par mois, explique la direction. Il faut fermer pour de bon.

Les syndicats imaginent un avenir sans Mittal. Une nationalisation précise la FGTB. La haute direction du groupe, elle, n'entend pas céder l'ancien Cockerill.

Les marges de manœuvre syndicales semblent bien minces

Ce vendredi, les syndicats et la direction d'ArcelorMittal tiendront un conseil d'entreprise. Le premier depuis celui du 14 octobre, le jour où le groupe sidérurgique a officiellement annoncé son intention de fermer la phase liquide de Liège.

Ce conseil d’entreprise abordera un certain nombre de questions. Francis Gomez, le président des métallos FGTB, déclare : ''Ce conseil d’entreprise est tout à fait normal dans le cadre d’une procédure Renault. Nous allons continuer à demander que l’ensemble des outils du chaud restent actifs.''

Les choses ont bien changé depuis 2003. D’abord, le propriétaire n’est plus le même, son terrain d’action est aussi beaucoup plus vaste. Et surtout, nous dit Francis Gomez, ''Mittal a une vision capitalistique à l’extrême. Il veut du profit, avant tout autre chose. Sans se préoccuper d’éventuels dégâts sociaux.''

Discuter mais aussi maintenir la pression mise ce mercredi. Ce sera l’objectif que poursuivront dorénavant les syndicats. David Camerini, président de la délégation CSC : ''Cela va être long et fastidieux. Mais il faut se battre ! On sait très bien que si le chaud vient à disparaître, le froid suivra. Et là, l’enjeu : c’est plus de 10 000 emplois à sauver !''

Mi-novembre, une nouvelle manifestation devrait par exemple se dérouler à Liège.


François Braibant, Martial Giot

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK