Rentrer à l'école ce lundi ? "Même pas peur !"

Catherine Debue et ses enfants
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Catherine Debue et ses enfants - © C.D.

Deux mois qu’ils n’ont plus vu leurs copains "en chair et en os". Ce lundi est jour de rentrée pour les élèves de sixième année (sixième primaire / sixième et septième secondaires). Nous sommes allés à la rencontre d’écoliers très enthousiastes à l’idée de reprendre le chemin de l’école. Et leurs parents ? Comment vivent-ils cette rentrée particulière ?

Au moment de boucler son sac, Rachel se sent tout de même un peu stressée. "Ça va être totalement différent… Alors oui, on a un petit peu peur mais… il faudra faire avec !!!" nous dit la jeune Mouscronnoise. Rachel a une petite longueur d’avance sur ses copains de classe, vu qu’elle a fréquenté la garderie certains jours. Elle a vu des aménagements, dans son école à Espierres-Helchin. " Par exemple il y a un sens dans les couloirs, pour qu’on ne se croise pas. On doit se désinfecter les mains, à l’entrée". Quelques questions très pratiques demeurent. Le masque par exemple : il est obligatoire à partir de 12 ans. Elle qui a 11 ans et demi, le portera-t-elle ? "Je ne sais pas encore. Je vais en prendre un. Mais est-ce que je le mettrai ? J’aime pas trop, ça me gratte la bouche !"

Rachel ira deux jours à l’école cette semaine. La classe a été divisée en deux. Les numéros d’ordre ont permis de répartir les élèves. " Les numéros de 1 à 12 viennent le lundi et le jeudi. Les 13 à 25 le mardi et le vendredi".
Malgré ses appréhensions, la jeune fille a hâte de retourner en classe. "A la maison, il n’y a plus rien à faire, à part s’ennuyer. Même si on avait des cours donnés par l’école et des 'live'. Ce sera bien de retourner en classe, et j’ai surtout très très hâte de revoir mes copines ! Même si c’est de loin, ce sera mieux que rien". Sa maman, Catherine Debue, aura sans doute un peu plus de mal. "Un petit pincement au cœur, c’est sûr. Parce que le risque zéro n’existe pas. Parce que je vais devoir la déposer très vite, lui faire juste un petit bisou puis partir pour ne croiser personne. Parce que voir la cour de récré avec des banderoles, des panneaux de signalisation, des grands STOP… ce n’est pas normal ! Enfin voilà. On fera avec ! Tout ça je le vis déjà chaque jour où je dépose mes enfants à la garderie".

A Casteau, Sophie se prépare joyeusement à retourner à l’école du village. Elle ne s’est pourtant pas ennuyée une seconde pendant le confinement. "Je me suis occupée de mes animaux, de mon âne, j’ai fait beaucoup de musique aussi, je joue de la batterie". Mais elle aimerait revoir son institutrice, ses amis, "et surtout préparer ma rentrée en première secondaire !". Dans sa classe de 13 élèves, trois élèves ont annoncé qu’ils ne viendraient pas. "Il y aura donc deux groupes de 5 élèves, qui seront encadrés par deux institutrices". Sa maman, Céline Janssens, n’a aucune inquiétude particulière. "Nous avons pu en discuter par internet avec l’institutrice, la direction a envoyé des mails très clairs sur les mesures mises en place". En revanche, elle se dit perplexe quant au port du masque, "pendant toute une journée, je me demande si ce sera possible".
 

"De notre côté, nous sommes prêts aussi", déclare Sébastien Delneste. "On n’a pas hésité réellement quant à remettre notre fille Eline. Une vidéoconférence s’est tenue vendredi. Les enfants ont eu en quelque sorte leur première réunion… professionnelle ! Comme nous en avons nous les adultes", sourit ce papa. "Je pense que cela va faire beaucoup de bien aux enfants de rentrer, ils en ont besoin. L’école nous a vraiment bien informés, je suis rassuré".

A Sirault, Clément prépare ses affaires, en suivant la liste envoyée par Madame. "Je dois prendre un plumier, une latte, un compas… Mon sac à collation à part… un sac pour les affaires de mon banc, qu’il faudra reprendre.." Il veille à ne rien oublier car les consignes ont été claires, "on ne peut rien emprunter aux copains. Il faut aussi prévoir un essuie pour mettre sur son banc. Et on sera un par banc". Dans sa famille, la petite sœur Jeanne rentrera à partir de la semaine du 25. Elle a hâte. Le troisième de la fratrie, Adrien, est de son côté fort content de pouvoir rester à la maison. "Tant que le virus est là, je préfère rester chez moi !".

Leurs parents Ingrid et Thierry Gaeremynck avouent des sentiments un peu plus partagés. "D’un côté on trouve ça important que les enfants puissent à nouveau se retrouver, socialiser. Mais de l’autre, oui, on a toujours quelques craintes, c’est sûr. On est un peu stressé. On se rassure en se disant que l’école a mis pas mal de choses en place. Les enfants qui fréquentent les cours et les enfants de la garderie ne sont pas non plus mélangés, ce qui est pour nous une bonne chose".

JT 13h (18/05/20)

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