Les restes d'un cochon d'Inde datant du XVIe siècle découverts à Mons

Illustration des restes du cobaye découverts à Mons par le service public de Wallonie.
Illustration des restes du cobaye découverts à Mons par le service public de Wallonie. - © www.sciencesnaturelles.be

Une équipe d’archéologues a retrouvé le cadavre de l’animal en fouillant il y a quelques années dans une rue du centre-ville. Après expertise, il apparaît que l’animal vivait il y a plus de 400 ans, soit en pleine Renaissance. Une découverte qui fait aujourd’hui le tour de la presse scientifique mondiale. Il faut dire que c’est une première du genre en Europe.

Si le cobaye vivait encore, il habiterait rue Jean Lescarts. Une petite rue du centre-ville de Mons, où des fouilles ont été menées en 2007. Cécile Ansieau y a participé. Elle est archéologue au service public de Wallonie. "Une équipe du service public de Wallonie s’est retrouvée sur place pendant plusieurs mois pour fouiller tout le sous-sol de 900 m². C’est à cette occasion que nous avons découvert un tas de choses, dont les restes d’un cobaye."

L'équipe les transmet immédiatement à l'Institut Royal des Sciences Naturelles. Une archéozoologue, Fabienne Pigière, confirme qu'il s'agit bien d'un cochon d'Inde. Etonnant, car l'animal vient à peine d'être découvert en Amérique. Détenir un cobaye à la Renaissance semble être un signe de grande richesse, commente Marcelline Denis (archéologue). "Ici, le quartier bourgeois côtoie un quartier plutôt ouvrier. On peut s’attendre à avoir dans une habitation bourgeoise des vestiges plutôt raffinés mais de là à avoir les moyens d’importer un animal aussi exotique et fragile, c’est assez surprenant !"

Des articles viennent de paraître dans des revues prestigieuses, dont le National Geographics. Une belle reconnaissance pour ces professionnels de l'ombre. "Dans la plupart des cas, on passe pour des personnes qui embêtent les autres et qui ralentissent les travaux, ce qui n'est vraiment pas le cas ici…" Il aura donc fallu un cobaye vieux de 400 ans pour accorder aux archéologues montois un peu de notoriété.

Charlotte Legrand

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