Les restaurateurs carolos vont au Conseil d'État

Un collectif d’une petite cinquantaine de restaurateurs carolos s’est réuni ce soir par vidéo conférence et a décidé d’introduire un recours en extrême urgence au conseil d’État contre la décision du conseil de concertation de vendredi dernier de fermer les bars et les restaurants. Les restaurateurs s’estiment injustement lésés par cette décision. Ils ne comprennent pas être considérés comme des établissements où circule le virus plus qu’ailleurs alors qu’ils ont mis en place les protocoles et suivi les règles imposées lors de leur réouverture en juin dernier. L’ASBL "Les amis de l’Horeca" s’était déjà montrée, le premier juin dernier, sur la place de la Digue, manifestant statiquement derrière une large banderole frappée du slogan "l’Horeca crève la dalle".
 

"On ne se laissera plus faire"

Restaurateur à Ham-sur-Heure, Toli Lalos a été désigné comme porte-parole du mouvement. Il explique la démarche : "Nous nous sommes adjoint les services d’un avocat pour cette action devant le conseil d’État. Les collègues liégeois ont déjà annoncé une action similaire et nous voulions montrer que les carolos non plus ne veulent plus se laisser faire. D’après les chiffes qu’on nous présente, les restaurants seraient des lieux de propagations du virus. Pourtant, nous avons investi et tout mis en place pour respecter les mesures. Du gel hydroalcoolique, le port du masque, la réduction du nombre de tables pour garantir les distances, le tracing. Ce fameux tracing qu’on nous a imposé à nous et à la clientèle. Personnellement, je n’ai jamais eu aucun retour. Aucun client ne m’a jamais contacté pour me dire qu’il avait été contaminé chez moi. Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire qu’il avait été contaminé dans un restaurant."

"Injustement ciblés"

Les restaurateurs se sentent isolés par les mesures prises. Ils ne comprennent pas pourquoi l’état décide de la fermeture des restaurants et des bars mais n’imposent pas aussi de restreindre l’accès aux centres commerciaux, aux parcs de loisirs, aux activités qui voient de nombreuses personnes se croiser, se côtoie. Toli Lalos ajoute : "une fermeture plus tôt, à 21 heures ou 22 heures, on aurait encore pu l’accepter et on l’aurait comprise. On se serait adapté. Mais cette fermeture complète qui nous vise, encore nous. On ne veut plus se laisser faire".

Jurisprudence internationale

Vendredi dernier, alors que le comité de concertation annonçait la fermeture des établissements Horeca belges pour une durée d’un mois, la justice administrative de Berlin annulait une décision allemande du même type, la jugeant disproportionnée. Les avocats du collectif des restaurateurs carolos appuieront sans doute leur argumentaire de cette sanction allemande. D’autant que l’Europe affirme vouloir harmoniser les mesures de lutte contre l’avancée du virus dans les états membres. Le recours des restaurateurs carolos sera introduit devant le Conseil d'Etat ce jeudi ou ce vendredi

Reportage sur la fermeture des restaurant en Wallonie, dans notre 13h de ce 19 octobre :

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