Les réfugiés de Fedasil perturbés par les bruits militaires de Florennes

Florennes et son centre Fedasil, installé depuis 1992, accueillent aujourd'hui un public plus traumatisé que jamais.

"Pendant le temps de midi, alors qu'une famille syrienne venait chercher son repas, un F-16 est passé. La famille s'est jetée au sol. Le père protégeait physiquement sa femme et ses enfants" relate Xavier Grosjean, directeur du centre Fedasil de Florennes.

Cet incident a étonné le personnel du centre. Mais il n'est pas isolé. Nous rencontrons un autre réfugié, originaire d'Irak. "Quand mes enfants ont entendu ces bruits, ils se sont réfugiés sous le lit en pleurant. Ils ont demandé à ma femme et moi de les protéger. Et parfois, désolé de le dire, ils se font pipi dessus parce qu'ils ont peur." raconte ce père de deux enfants.

Dans le centre, les réfugiés viennent principalement d'Irak, de Syrie, d'Afghanistan. Les autres viennent de Palestine, de Somalie ou encore d'Erythrée.

Un club de tir, une carrière, des F-16 : le voisinage de réfugiés de guerre

Il faut dire que la situation est plutôt incroyable. D'un côté, les réacteurs des F-16 lancés à plein régime. D'un autre, un stand de tir. Et enfin, une carrière toute proche où la roche calcaire est extraite chaque semaine à coup d'explosifs.

L'équipe d'encadrement fait donc ce qu'elle peut pour rassurer les réfugiés pendant leur séjour et pour les prévenir avant leur arrivée. Mais cette précaution ne suffit souvent pas à lutter contre le post-traumatisme dont elles souffrent.

"Ce n'est pas un lieu idéal pour des personnes qui ont été dans des conditions de guerre et où les enfants ont été traumatisés" note Florence Dognies, assistante sociale du centre.

L'histoire de son installation

Ouvert en urgence en 1992, son but était de répondre au manque de places du Petit-Château à Bruxelles. Il s'agit donc, historiquement, du deuxième centre d'accueil de réfugiés en Belgique. 

A l'époque, le bruit environnant n'aurait pas été réellement pris en compte. C'était la qualité des installations qui primait. Le centre Fedasil de Florennes reçoit chaque année plus de réfugiés. Et peu importe le bruit, Fedasil ne compte pas fermer le centre. Bien au contraire. 

Suite à l'annonce de Theo Francken de l'ouverture de 2500 places supplémentaires, Fedasil Florennes accueillera de manière structurelle 400 migrants dès octobre 2015. Un travail salué par les migrants eux-mêmes et ce, en dépit du bruit.

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