Une maison close forcée de fermer à Mons, les limites à la tolérance

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Illustration - © Flickr - StefanKaz

Un an de prison avec sursis et plus de 5000 euros d’amende, c’est la condamnation infligée cette semaine par le tribunal correctionnel de Mons à Magdalena, une jeune femme de 32 ans qui exploitait ‘’la maison de Marie’’ une maison de passe située à l’entrée de Mons.

La jeune femme est également déchue de ses droits civils et politiques pour une durée de cinq ans. Si l’on devine sans peine la prévention de la condamnation, proxénétisme, on peut s’interroger sur le motif du déclenchement subit de la machine judiciaire à l’encontre d’une personne qui exerce cette activité depuis quatre ans. La raison est simple : une plainte a été déposée.  

Si une de ses employées n’avait pas porté plainte pour licenciement abusif, ses activités se seraient probablement poursuivies sans problèmes à l’image des centaines de salons de massages qui existent dans notre pays.  

Des mains expertes

Le ‘’Salon de massage’’ est en effet le voile pudique -même si personne n’est dupe- derrière lequel se retranche généralement les activités de prostitution, une enseigne qu’avait également adoptée Magdalena quand elle avait ouvert son établissement. 

La porte franchie, le doute n’était plus permis sur la nature de l’antre dans laquelle on pénétrait : une dizaine de chambres, des salles de bains, un mobilier thématique et la panoplie des ustensiles pouvant répondre aux attentes sexuelles les plus diverses.

Déclarées et salariées

Côté administratif par contre aucun voile pour couvrir les activités, la maison était déclarée comme une maison close, Magdalena payait la TVA, des assurances incendies et accidents de travail, et les ‘’hôtesses’’ –qui étaient déclarées comme masseuses- recevaient des fiches de salaires.

Et c’est là que se situe le flou de la situation en Belgique, comme l’explique Géraldine Byloo, responsable d’Espace P à Mons, une asbl qui vient en aide aux personnes aux prises avec ce milieu, qu’elles soient prostitué(e)s, serveurs, serveuses ou client(e)s.  Elle explique qu’il existe une certaine tolérance au sein de la police, que des contrôles sont exercés, mais que si l’activité est déclarée, tant qu’il n’y a pas de plaintes, les proxénètes ne sont pas inquiétés.

Le péril mafieux

Une situation qui risque d’évoluer avec l’apparition derrière la prostitution classique de bandes mafieuses qui exploitent le filon dans une logique organisée d’exploitation esclavagiste de la prostitution. Si les autorités judiciaires se montraient souples avec la prostitution travaillant avec des filles indépendantes, pas question, pour le procureur du Roi Henry de laisser s’installer dans nos rues la criminalité organisée, d’où une intensification des contrôles et une fermeté plus intense à l’égard du secteur.

Mais revenons à Magdalena qui a dû arrêter ses activités suite au jugement que nous évoquions plus haut. Manu Delporte l’a rencontrée à ‘’Maison de Marie’’ son ancienne maison désormais close au sens premier du terme. Ecoutez son reportage, ci-contre.

Vincent Clérin

 

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