Les prostituées du quartier nord adressent leurs inquiétudes à la police

Les prostituées du quartier nord adressent leurs inquiétudes à la police
Les prostituées du quartier nord adressent leurs inquiétudes à la police - © rtbf

Le meurtre d'Eunice, jeune prostituée de 22 ans, dans la nuit de lundi à mardi a mis en évidence les problèmes d'insécurité dans le quartier Nord. Les travailleuses du sexe voulaient adresser leurs inquiétudes à la police. Voilà pourquoi une réunion a été organisée à l'espace P, un centre d'action global et social pour prostituées, ce jeudi matin. Elle réunissait la Police de la zone Bruxelles Nord et les prostituées de la rue de Linné, où travaillait Eunice.

Doris a sa carrée dans la rue Linné, à quelques mètres du  lieu du crime. Elle était présente à la réunion avec la police ce jeudi matin. "Il y a eu un premier pas de fait entre les femmes qui travaillent et la police. Les femmes se sont plaint du manque de policiers dans la rue, du manque de contrôle, de l'excès de drogue, des agressions qu'il y a dans cette rue... Et tout ne vient pas directement de la prostitution. Tous ces problèmes viennent de la rue en général."

La Police a également rappelé leurs droits aux travailleuses. Certaines se plaignaient de ne pas voir la police intervenir lors de leurs appels et de ne pas être prises au sérieux. "La Police nous a rappelé son rôle, explique Doris. Quand il y a un problème, nous sommes victimes, que nous soyons blanches, noires, jaunes ou verts, ça n'a pas d'importance. Et un policier est un policier, il doit défendre la victime."

Face à ces plaintes, la police de la zone Bruxelles Nord se défend. "Nous sommes présents dans le quartier et nous continuerons à l'être, répond Audrey Dereymaeker, porte-parole de la police locale. Nous allons évaluer les commentaires de ces travailleuses et verrons si nous devons augmenter notre présence. Mais en aucun cas, il n'est question d'une zone de non-droit où nous n'irions pas."

Un commissariat s'est d'ailleurs installé mi-avril dans le quartier mais ça n'a rien changé selon Doris. "On voit même des trafics de drogues juste en face!". Il faut du teps pour que les choses changent répond la police de la zone Bruxelles Nord. "Avec l'arrivée de ce commissariat, nous avions rédigé un plan d'action, rétorque Audrey Dereymaeker. Nous n'avons donc pas attendu qu'il y ait un drame pour agir. Dans ce plan, on ne se focalise pas seulement sur la prostitution mais sur tout le quartier dans son ensemble. On n'en est qu'au début mais on cette réunion a été l'occasion de leur présenter."

Mais les prostituées gardent le sentiment de déranger, surtout auprès du bourgmestre de Saint-Josse, Emir Kir. La commune a décidé de fermer les carrées... sauf un tronçon de la rue Linné. Le but: un meilleur contrôle de la police ainsi qu’un meilleur encadrement des services sociaux. Pour le bourgmestre, il ne peut pas y avoir de liens entre ce règlement qui prend effet en 2019 et le drame de cette semaine.

Une marche commémorative est prévue jeudi matin à l'espace P à 10 h en mémoire de la jeune Eunice.

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