Les propriétaires privés de forêts en Wallonie affectés par la sécheresse : ils réclament de l'aide

Peu le savent mais plus de 50% des zones forestières wallonnes sont gérées par des propriétaires privés. Après la crise de la peste porcine qui a empêché l’extraction et l’accès aux forêts et la problématique des épicéas touchés par les scolytes, le secteur fait face aujourd’hui aux sécheresses récurrentes, comme actuellement. La principale conséquence est que les particuliers, qui détiennent des dizaines d’hectares, se découragent et n’entretiennent plus leurs parcelles forestières.

Nous retrouvons Frédéric Petit dans une forêt à Bois-de-Villers dans la commune de Profondeville. Il est expert forestier et il est représentant des propriétaires privés. "Ici, il y a eu beaucoup de dégâts à cause de la sécheresse. Tout ça c’est du bois qui est mort et qui a séché suite à la canicule actuelle et l’évolution du climat. Nous connaissons des sécheresses successives depuis quatre ans".

Nos forêts souffrent en silence

Le constat dressé par Frédéric Petit est sans appel. Nos forêts meurent silencieusement, et cela devient visible. "Dans cette forêt feuillue, nous voyons des hêtres et des chênes en souffrance. Les cimes et le feuillage sont en train de brunir comme si nous étions en automne".

Depuis 2015, le manque de précipitations couplé aux canicules estivales affecte particulièrement les zones forestières privées en Wallonie. Car les propriétaires se découragent. Ils n’entretiennent plus leurs biens. Et cela inquiète Frédéric Petit : "Il y a un risque de délaissement de la forêt. Les parcelles ne sont plus entretenues, les arbres sont coupés plus rapidement car ils sont en souffrance et les propriétaires ne replantent plus. Car leurs efforts ne sont pas récompensés vu que les jeunes arbres meurent à cause du manque d’eau".

"Les conséquences : il y aura une baisse de la production et de la productivité de nos forêts. Il y aura aussi une baisse de leur rôle de fixateur de carbone atmosphérique et de régulateur de la chaleur", explique Frédéric Petit expert forestier et représentant des propriétaires privés.

Aujourd’hui, il réclame une intervention du Fonds des calamités auprès des propriétaires et des aides pour reboiser les forêts.
 

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