Les promeneurs du parc Elisabeth devant la basilique de Koekelberg respirent-ils de l'air vicié?

C'est ce qui ressort du rapport d'incidence réalisé dans la cadre du projet de rénovation du tunnel Léopold 2. Une petite dizaine de bouches d'aération du tunnel sont localisées dans le parc. Or l'air qui en sort est chargé en polluants.

Ce qui est visible, ce sont ces larges grilles d'une vingtaine de mètres carrés. Elles sont disséminées un peu partout dans le parc. Certaines sont cachées par de la végétation mais d'autres sont tout à fait accessibles. " Je l’ai vu de mes yeux. Des enfants jouent sur ces grilles, des familles pique-niquent juste à côté " expliquent Stéphane Obeid, conseiller communal MR à Ganshoren. " Il y a même une plaine de jeux qui jouxte l’une des bouches ".

Risque sanitaire

Stéphane Obeid s'inquiète donc du risque pour la santé des personnes qui fréquentent ce parc. " Ce qui sort de ces bouches, ce sont tous les polluants du tunnel Léopold 2. Du monoxyde de carbone, monoxyde d’azote, des particules fines et ultra fines. Cela pose donc problème sur le plan sanitaire pour toutes les personnes qui se trouvent à proximité ou juste au-dessus de la bouche ".

Ce rapport existe depuis plus d'un an mais aucune mesure spécifique n'a encore été prise. " Le rapport recommande de mettre des haies et des arbustes autour de ces grilles pour que les gens n’y accèdent pas. Il recommande aussi dans le cadre du projet de rénovation du tunnel de ne plus mettre ces bouches de ventilation dans le parc. Cela me paraît évident. Mais on devra attendre entre trois et quatre ans avant que ce soit fait. Etant donné que le chantier du Léopold 2 va durer plus de quatre ans ".  En attendant, le conseiller communal demande que ces aménagements pour sécuriser les lieux soient réalisés dans les plus brefs délais.

Bruxelles-Environnement réagit

De son côté, Bruxelles-Environnement admet que la situation actuelle est un héritage datant de la construction du tunnel, voilà 40 ans. L’air pollué est évacué via deux bouches installées à l’extrémité du parc. Elles sont protégées par des haies qui empêchent l’accès aux bouches. De plus, l’air pollué est rejeté vers le haut et les polluants sont soumis à une dispersion rapide.

D’autres bouches d’aération se trouvent effectivement à l’intérieur du parc. Elles sont pointées par le rapport qui précise qu’elles ne sont utilisées que de manière ponctuelle. Par contre, la concentration de rejet de polluants est largement inférieur.

Bruxelles-Environnement précise encore que cette pollution ponctuelle sera évitée lorsque le tunnel sera rénové vu que un système d’accélérateur d’air sera utilisé pour améliorer la ventilation dans le tunnel et limiter la concentration d’air vicié que l’on rencontre dans les espaces fermés.

Enfin, Bruxelles Environnement se montrera particulièrement vigilant aux demandes de permis de chantiers qui devront être introduites par Bruxelles Mobilité, pour éviter que durant la période de travaux (à partir de l’été 2018) des rejets d’air vicié n’incommodent les utilisateurs du parc Elisabeth.

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