Les pompiers de Charleroi auront bientôt leur Colossus

Le Colossus, c'est ce robot télécommandé qui est intervenu dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, au plus fort de l'incendie, lundi soir. L'engin, monté sur des chenilles, est capable d'accéder à des incendies ou des sinistres où il serait trop risquer d'engager des pompiers qui risqueraient tout simplement leur vie. Lundi, face au risque supposé d'effondrement des voûtes de la cathédrale, c'est un des sept Colossus dont disposent les pompiers de Paris qui a pénétré la nef centrale pour y éteindre le feu et faire baisser la température extérieure. Relié à une arrivée d'eau et doté d'une lance à incendie, l'appareil électrique a une autonomie de 8 heures et un rayon d'action de 100 mètres. Il est également capable de tracter des charges jusqu'à 2 tonnes. Equipé d'une civière,  il peut également transporter des victimes sur des terrains escarpés.

Charleroi sera équipé à la fin de ce mois

La zone de secours Hainaut Est a commandé un de ces appareils à la firme française de la Rochelle qui les produit. L'engin sera livré à la fin de ce mois et d'ores et déjà opérationnel puisque la prise en main ne demande pas de formation longue et fastidieuse. De son propre aveux peu doué pour ce genre de manipulations, le Major Maurice Mellaerts qui a géré l'acquisition du Colossus pour la zone, le confirme : "j'ai pu piloter le robot sans avoir aucune explication ni instruction préalables. C'est un joystique comme un auto téléguidée. Il y a deux manettes et un écran qui permet de suivre les déplacements à distance. Nous avons d'ailleurs vérifier la portée annoncée de 100 mètres". On parle de robot, mais il s'agit plus encore d'un drone terrestre, un peu du genre de ceux qui sont utilisés par les services de déminages pour intervenir à distance sur des opérations délicates. L'engin, maniable donc, mesure 1m60 de long, un peu plus d'un mètre de large et entre 70 et 80 centimètres de haut. Et malgré ses 500 kilos, il évolue sur les terrains les plus accidentés. 

200.000 euros avec toutes les options

"Porte-civières, appareils de détection de radio-activité, phares, plusieurs caméras,... nous avons pris toutes les options", ajoute le Major Mellaerts. "Peu avant l'achat, nous avons connus trois interventions successives où nous aurions été bien contents de disposer du robot. Lors de l'incendie d'un magasin de matelas à Couillet par exemple. Nous devions impérativement stopper le feu car au-dessus se trouvait un dépôt de pharmacie, avec des produits potentiellement explosifs ou toxiques. Ne pouvant pénétrer dans le bâtiment à cause de la chaleur, nous avons du casser des murs et perdu un temps important pour attaquer le feu latéralement. Le robot nous aurait permis d'agir beaucoup plus vite et efficacement, en pénétrant dans le bâtiment, sans risque pour les hommes. Autre exemple avec cette évacuation de deux motocrossmen qui se sont percutés en haut d'un terril. Les descendre de là, en civière, portés par 4 hommes sur une pente vertigineuse, ça a été particulièrement délicat. Et là aussi le robot nous aurait été d'un réel secours"

Expérience pilote avant de nouveaux investissements?

Charleroi sera la première caserne belge à être équipée de l'appareil. Si l'investissement s'avère fructueux, la Zone de secours Hainaut Est pourrait envisager d'en acquérir d'autres afin qu'il y en ait un sur l'implantation de Charleroi mais également sur celle de Chimay, distante de Charleroi d'une cinquantaine kilomètres. Le retour d'expérience sera également communiqué aux autres zones de secours du pays qui pourraient à leur tour faire l'acquisition du Colossus. Un appareil qui, bien malgré lui, a fait la démonstration de son utilité devant le monde entier lors de l'incendie de Notre-Dame de Paris. 

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